Le Parlement européen approuve le choix de Thierry Breton à la Commission européenne

DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Fabien Crombé s'est intéressé ce jeudi 24 octobre 2019 à l'annonce officielle par l'Élysée de la candidature de Thierry Breton à la Commission européenne.
Politique

FEU VERT - Malgré les risques de conflits d'intérêts soulevés par certains groupes politiques, les eurodéputés ont donné jeudi leur accord pour que l'ex-grand patron français Thierry Breton devienne commissaire européen au marché unique et au numérique.

Après l'échec de la candidature de Sylvie Goulard, le choix de Thierry Breton pour le poste de commissaire européen au marché unique et au numérique a été approuvé par le Parlement européen, jeudi. La candidature de l'ex-PDG d'Atos a été approuvé par les eurodéputés du PPE (droite), de Renew (libéraux), du groupe Socialiste et démocrates et des conservateurs 

d'ECR. La gauche radicale, les écologistes et l'extrême droite, minoritaires, avaient demandé que des clarifications supplémentaires lui soient réclamées par écrit.

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Une "très bonne nouvelle" selon l'Élysée

Cette approbation de l'ex-grand patron à la Commission européenne a été salué par l'Élysée qui évoque "une très bonne nouvelle". La présidence rappelle que "le Parlement doit encore approuver d'ici la fin du mois le collège des commissaires dans son ensemble".

"J'ai hâte de me mettre au travail pour mettre en oeuvre la vision que j'ai  développée devant le Parlement européen", a réagi Thierry Breton auprès de l'AFP. Devant les eurodéputés, celui qui deviendra la premier grand patron commissaire européen de l'histoire de l'Union, s'est efforcé d'apaiser les craintes sur de potentiels conflits d'intérêts : "Il n'y a qu'une seule solution, être radical. Je dis bien radical", a-t-il promis.

Passe d'armes sur ses potentiels conflits d'intérêts

L'ancien ministre de l'Economie (2005-2007) dispose d'un large portefeuille économique comprenant plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise, Atos. Thierry Breton a affirmé son intention de se déporter sur les sujets qui concerneraient directement cette entreprise, comme par exemple "des contrats" qui seraient passés avec l'UE, mais il a exclu de se dessaisir de manière plus globale des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les supercalculateurs.

Thierry Breton a également rappelé aux eurodéputés qu'il a vendu la totalité de ses actions, pour un montant de 45 millions d'euros  selon les documents de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Il a enfin démissionné des mandats qu'il exerçait dans divers conseils d'administration. "Il y a un certain nombre de flux entre l'entreprise que j'ai dirigée" et ce poste à la Commission, "pas énorme du reste", a-t-il reconnu, tout en estimant que "le règlement (le code de conduite des commissaires européens, ndlr) l'a parfaitement prévu".

 "Votre nomination est un mélange des genres qui crée de la confusion", a lancé l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint, qui estime qu'il existait un "parfait chevauchement" entre les activités d'Atos et son portefeuille de commissaire. Le député de la gauche radicale (GUE) Manuel Bompard affirme quant à lui que le nouveau commissaire est incapable de garantir que ses "activités passées n'influeront pas (sur ses) activités à venir".

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