Le parquet demande la mise en examen de Claude Guéant dans l'affaire Tapie

Politique

JUSTICE - Le parquet de Paris a demandé la mise en examen de Claude Guéant. L'ancien ministre de l'Intérieur et secrétaire général de l'Elysée pourrait être poursuivi pour son rôle dans l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie.

L e parquet de Paris a demandé aux juges d'instruction de mettre en examen Claude Guéant pour son rôle présumé, quand il était secrétaire général de l'Elysée, dans l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie, indiquent vendredi soir des sources proches du dossier. 

Dans un réquisitoire supplétif daté du 22 juin, dont l'AFP a eu connaissance, le parquet de Paris demande aux magistrats de "procéder à l'interrogatoire de Claude Guéant" et de "le mettre en examen du chef de complicité (par instructions) de détournement de fonds publics commis par un particulier", en l'espèce Bernard Tapie. La date de cet interrogatoire n'a pas encore été déterminée.

Le rôle de Claude Guéant mis en exergue

Claude Guéant a été placé en garde à vue en le 26 mai 2014 à la Brigade financière de Paris, avant de ressortir libre. Les enquêteurs cherchent à comprendre le rôle qu'il aurait pu jouer dans l'arbitrage entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie, permettant à ce dernier d'empocher 403 millions d'euros. La question est de savoir si à l'automne 2007 le secrétaire général de l'Elysée de l'époque a influencé la décision d'opter pour un tribunal privé plutôt que pour la justice ordinaire pour trancher ce différend.

Pour le parquet, "le rôle de Claude Guéant (...) dans la surveillance et le suivi des phases du contentieux entre Bernard Tapie et le CDR (l'organisme public qui a arbitré le dossier)" a été mis en exergue.

Cinq personnes mises en examen dans ce dossier

La mise en examen de Claude Guéant pourrait s'ajouter à celles de cinq autres acteurs dans cette affaire dont Bernard Tapie, son avocat, Maurice Lantourne, Pierre Estoup, l'un des trois juges-arbitres dans ce dossier et Stéphane Richard, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, lorsqu'elle était ministre de l'Economie. Tous sont poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" et "détournement de fonds publics par un particulier".

En février dernier, la cour d'appel de Paris a décidé d'annuler la sentence du tribunal arbitral et de rejuger le litige.

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