Le paternalisme en politique selon Najat Vallaud-Belkacem

Le paternalisme en politique selon Najat Vallaud-Belkacem

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ECLAIREZ NOTRE CHEMIN - Le ministre de l'Education nationale a comparé lundi matin sur France Culture le rôle des politiques à celui "d'un père ou d'une mère de famille" avec ses enfants. Najat Vallaud-Belkacem justifiait ainsi la tentative de François Hollande de valoriser son bilan auprès des Français. Maladroit ?

Les propos ne viennent pas d'un vieux sénateur à la retraite, mais d'une femme, âgée de 38 ans et ministre de l’Education nationale. Dans une séquence enregistrée lundi matin sur France Culture et repérée par Le Lab , Najat Vallaud-Belkacem s'est livrée à ce qui ressemble, de son propre aveu, à une jolie leçon de paternalisme politique.

La ministre réagissait, pour France Culture et La Croix, aux initiatives de François Hollande pour expliquer aux Français que "ça va mieux" sur le front du chômage et de la reprise économique. Quel est le rôle d'un responsable politique, qui plus est au sommet de l'Etat (comme François Hollande) ? "Pardon pour ce bon sens peut-être un peu trop classique pour certains", explique la ministre, "mais je trouve qu'un responsable politique…) qui préside aux destinées d'un pays, d'une certaine façon, a un peu un rôle équivalent à ce que peut avoir un père ou une mère de famille à l'égard de ces enfants."

"Eclairer leur chemin"

Tout en reconnaissant elle-même une "vision un peu paternaliste", Najat Vallaud-Belkacem enfonce le clou : "Réfléchissez", dit-elle, "à la façon dont vous vous comportez avec les enfants. N'est-il pas utile que de temps en temps, vous leur donniez confiance en eux-mêmes, vous leur disiez où on va et comment on y va ? Parce que vous, vous avez l'ensemble des informations utiles pour éclairer, justement, leur chemin". Les propos viennent de celle qui, alors ministre du Droits des femmes, avait fait supprimer en août 2014 la mention "en bon père de famille" du Code civil . Le parallèle n'a manifestement pas échappé au député Ligue du sud (extrême droite) Jacques Bompard.

Plus largement, ces propos s'inscrivent dans la stratégie de François Hollande pour convaincre les Français ( parfois malgré eux )  que "ça va mieux". Ils résonnent curieusement après les prises de position du secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Thierry Mandon, sur la nécessaire rénovation de notre "système de gouvernance". Chargé d'un rapport qu'il remettra en juin à François Hollande, ce collègue du gouvernement fustigeait ce week-end dans le  JDD  une classe politique qui "gouverne et parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans, alors qu'ils sont surinformés et maîtrisent même leur propre accès à l'information". "C'est tout notre système de gouvernance", concluait ce ministre, "du haut vers le bas, un système qui écarte les Français de la décision, qui n'est plus adapté". 

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