Le Pen - Estrosi : match à droite toute en PACA

Politique

ESCALADE - Depuis plusieurs mois, les deux candidats à la présidence de la région PACA pour les élections de décembre multiplient les sorties polémiques dans les médias. Comme une surenchère.

La campagne pour la présidence de la région PACA promet de pencher à droite. Rivaux pour les élections régionales de décembre prochain, le candidat "Les Républicains" (LR) Christian Estrosi et sa rivale Front national (FN) Marion Maréchal-Le Pen ont déjà donné le ton, à coups de déclarations qui semblent calibrées pour contenter l'électorat tenté par l'extrême droite.

A ce petit jeu, Christian Estrosi est le dernier en date à avoir dégainé. Interrogé ce mardi matin sur France Info sur la question des migrants, le maire de Nice a notamment expliqué que "des terroristes de Daech s'infiltrent" parmi eux. Une théorie qu'il partage avec le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire mais qu'il tiendrait, selon ses dires, des services de renseignements. Une déclaration à laquelle Marion Maréchal-Le Pen n'a pas manqué de répondre quelques heures plus tard, citant et relayant David Thomson, journaliste spécialiste du djihad.

Une réponse qui confirme un peu plus l'habitude prise par les deux candidats ces derniers mois de se renvoyer la balle, du pied droit évidemment. Extraits.

► Sur le terrorisme et l'islam

Interrogé en avril sur  France 3  au sujet de l'attentat évité contre des églises à Villejuif, Christian Estrosi estime que la France fait face à des "cinquièmes colonnes" islamistes. Le député-maire ajoute qu''une "troisième guerre mondiale" est déclarée à "la civilisation judéo-chrétienne" par "l'islamo-fascisme", estimant que "les catholiques sont une cible".

Le député-maire de Nice est alors accusé de plagiat par un certain Aymeric Chauprade. L'eurodéputé FN revendique en effet la paternité de l'expression "cinquième colonne" et, plus généralement, de cette théorie exposée dans une  vidéo controversée  que même Marine Le Pen avait appelé à ne pas partager. Un appel pas du tout suivi par sa nièce, proche de Chauprade, avec qui elle avait notamment cosigné une tribune  : celle-ci avait relayé la fameuse vidéo sur Twitter.

 Sur l'affaire Zyed et Bouna

En mai dernier, les deux candidats s'affrontent autour de la relaxe de deux policiers dans l'affaire de la mort de deux adolescents en 2005 à Clichy-sous-Bois. "Ce verdict prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir et non à cause d'une bavure policière", estime alors Marion Maréchal-Le Pen  Twitter . Un tweet qui lui vaut de nombreuses critiques mais ne fait pas vraiment douter Christian Estrosi.

Le député-maire de Nice fait en effet part sur  iTélé  de sa compassion aux policiers "qui ont perdu dix ans de vie professionnelle" plutôt qu’aux familles, qui "n’ont qu’à éduquer leurs enfants et faire en sorte qu’ils ne soient pas des délinquants". Le "motodidacte" se lance ensuite dans une réécriture de l'histoire, assurant que les deux jeunes étaient en infraction "car en excès de vitesse". Une confusion néanmoins reconnue par Christian Estrosi peu après : Zyed et Bouna étaient bien à pied au moment des faits.

► Sur les éleveurs

En réaction à la colère des éleveurs cet été, Christian Estrosi fustige la politique de François Hollande sur  RTL . Le député maire de Nice se fend alors d'un discours peu européen, appelant le président de la République à venir en aide aux éleveurs plutôt qu'à la Grèce, dont la crise menace la zone euro.

Une sortie éclipsée par Marion Maréchal-Le Pen, qui réplique avec une bonne vieille référence à la délinquance en banlieue. Défendant les méthodes "costaudes" des éleveurs, symboles de "cette France qui travaille, qui ne demande jamais rien", elle ajoute que celle-ci ne "brûl(e) pas des voitures"...

EN SAVOIR + >>  Régionales : Marion Maréchal-Le Pen en tête au 1er tour en Paca

Lire et commenter