Plan anti-drogue : le gouvernement présente 55 mesures pour "frapper fort"

Politique

POLITIQUE - En gestation depuis plus d'un an, le nouveau plan du gouvernement contre le trafic de stupéfiants a été dévoilé ce mardi à Marseille par un quatuor de ministres, avec à la clé une réforme de l'office "anti-stups".

Ce titre, dans l’édition de ce mardi du quotidien La Provence, donnait le ton et l’enjeu de la journée à Marseille : "Quatre ministres pour stopper les enterrements". Alors que trois règlements de compte sur fond de trafic de stupéfiants ont endeuillé la cité phocéenne ces trois dernières semaines, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez, ainsi que la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, dont dépendent les Douanes, ont donné une conférence de presse l'hôtel de police de la ville, pour annoncer un plan de lutte.

"Le message aux trafiquants est clair : la France ne sera pas leur terrain de jeu", a lancé Christophe Castaner en présentant les 55 mesures dont l'ambition est de "frapper fort".

Pilier de cette réforme, l'Ofast (Office antistupéfiants) remplacera l'Office central pour la répression du trafic illégal de stupéfiants (Ocrtis) dont la réputation a été entachée par des scandales. "Opérationnel dès le 1er janvier" prochain, il "coordonnera l'action de tous les acteurs dans la lutte antistupéfiants au niveau local et national" et associera pour la première fois dans sa gouvernance, police, gendarmerie, douanes et magistrats.

L'Ofast, dont l'objectif est de "mutualiser" les forces des différents acteurs de la lutte contre les trafics de drogue, comptera "150 enquêteurs" et disposera de "16 antennes territoriales en métropole et dans les outre-mer".

Plateforme d'appel pour signaler les points de vente

Une plateforme d'appel pour signaler les points de vente sera mise en place. En outre une "grande campagne de sensibilisation" sera lancée pour "casser l'image festive de la drogue". 

Le système de renseignement doit par ailleurs être amélioré par une montée en puissance des cellules du renseignement opérationnel contre les stupéfiants (Cross), dont la première avait été créée par Laurent Nuñez à Marseille.

Christophe Castaner a également pointé l'importance de "toucher au patrimoine des dealers". "Aujourd'hui, sur 500 millions d'euros d'avoirs criminels saisis seulement 10% sont issus des trafics de stupéfiants", a-t-il regretté. Il a promis en outre que les trafiquants seraient "plus systématiquement éloignés de leurs territoires".

L'amende forfaitaire opérationnelle courant 2020

Pour sa part, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a annoncé vouloir rendre "opérationnelle courant 2020", l'amende forfaitaire sanctionnant l'usage de stupéfiants. Cette amende de 200 euros, votée par le parlement en novembre dernier, doit permettre de sanctionner l'usage illicite de stupéfiants.

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Largement dominé par l'importation de résine de cannabis en provenance du Maroc, le trafic de stupéfiants est le premier marché criminel de l'Hexagone, pesant au moins 3,5 milliards d'euros, d'après les autorités, et impliquant, notamment à Marseille, de nombreux mineurs. Le coût social des stupéfiants est évalué à plus de 8 milliards d'euros par an.

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