"Je suis pris d'une peur panique" : Edouard Philippe s'essaye au stand-up et raconte les coulisses de sa nomination

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ONE-MAN SHOW - Lundi, lors de la soirée "Live Magazine" se déroulant au Casino de Paris, Edouard Philippe s'est mué en invité-surprise sur la scène de la salle parisienne. Le Premier ministre a ainsi raconté les coulisses de sa nomination au poste de chef du gouvernement.

Lundi 27 novembre se tenait la présentation du nouveau numéro du "Live Magazine", une soirée lancée à Paris en 2014 lors de laquelle journalistes, photographes, dessinateurs ou encore réalisateurs racontent des tranches de vie. Et un invité-surprise s'est glissé parmi les personnalités présentes lors de cette soirée organisée au Casino de Paris. En effet, le Premier ministre Edouard Philippe a ainsi fait une apparition sur la scène de la célèbre pour se prêter au jeu de raconter des histoires sur son quotidien de chef du gouvernement.


Ainsi, l'ancien maire du Havre a longuement évoqué les coulisses de sa nomination à Matignon, livrant quelques anecdotes croustillantes. Alors qu'aucune vidéo de sa prestation n'a pour le moment circulé, le magazine Closer s'est procuré l'enregistrement sonore. Pendant près de dix minutes, Edouard Philippe s'est montré très à l'aise. "Je ne connaissais pas bien Emmanuel Macron avant qu'il ne me nomme Premier ministre. Je l'avais vu trois fois avant le premier tour des élections présidentielles", a-t-il confié.

J'arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture.Edouard Philippe au Casino de Paris.

Avant d'évoquer l'échéance présidentielle d'avril dernier comme point de départ de leur association : "Ça a commencé le 24 avril, le lendemain du premier tour des élections présidentielles qui avait vu le candidat de droite écarté, le candidat socialiste aussi. Il restait pour le deuxième tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Moi, le 24 avril, j'étais à 17h30 rue de Vaugirard, devant le siège d'un parti politique que j'avais contribué à créer, ça doit être Les Républicains. J'en parle au passé, non pas qu'il n'existe plus, mais je n'en suis plus membre. (...) On avait réuni tout le monde après ce séisme du premier tour. On avait une question compliquée : il fallait savoir si on allait appeler à voter pour Emmanuel Macron ou contre Marine Le Pen."


Une concertation qui avait visiblement été précédée par un appel téléphonique des plus opportuns. "Juste avant, j'ai reçu un coup de fil du secrétariat d'Emmanuel Macron : 'Emmanuel Macron veut vous voir'", raconte le Premier ministre qui développe que le rendez-vous devait visiblement se faire rapidement et "discrètement" en raison du grand nombre de journalistes dans le secteur. "J'arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture. On commence à discuter, ça se passe bien, ça dure une heure et demie. Le courant passe très bien entre nous. Je le revois dans la semaine et je me dis, tiens, il se passe quelque chose. Un jour, je suis dans mon bureau à la mairie du Havre, je reçois un coup de fil et on me dit 'Le Premier ministre veut vous parler'".

Le chef du gouvernement de l'époque, Bernard Cazeneuve s'entretient alors avec Edouard Philippe, lui signalant que son nom "circule pour être dans le gouvernement". "Il faut que tu réfléchisses bien quand même, une ouverture c'est toujours compliqué. Sauf si, éventuellement, on te propose Premier ministre. Alors là, je serais ravi de t'accueillir à Matignon pour la passation de pouvoir", lui glisse ainsi Cazeneuve lors de l'entretien téléphonique. "Au fil de la discussion, je me rends compte qu'il n'est pas totalement impossible qu'Emmanuel Macron envisage sérieusement à me proposer de devenir Premier ministre. (...) Et là je vis quelque chose d'extrêmement simple : je suis pris d'une espèce de peur panique", narre Edouard Philippe devant l'assistance au Casino de Paris, qui indique également avoir perdu six kilos après avoir appris qu'il allait certainement prendre la tête du gouvernement si Emmanuel Macron était élu président de la République.


"Le 15 mai, je vais déjeuner avec le Président. Au moment où je sors de chez moi, une nuée de journalistes. Je monte dans un taxi entouré par des nuées de photographes sur des motos. Il se retourne et dit : 'Oh, ça va se terminer comme Lady Di !'" continue l'homme politique âgé de 47 ans avant d'ajouter : "Au lieu d'aller à l'Elysée, je vais à l'Assemblée nationale. Je rentre par une porte, les journalistes sont bloqués à l'extérieur. Je passe dans un souterrain, je sors par une porte et je monte dans une voiture. Je me dis que finalement, ma carrière d'espion est en train de repartir. J'arrive à l'Elysée. Il me propose. Je dis oui."

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