"Le président sera reçu comme une personne lambda" : pas de tapis rouge pour Macron chez les Whirlpool d'Amiens

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HE'S BACK- Emmanuel Macron se rend aujourd'hui à Amiens pour rendre visite aux salariés de Whirlpool. Malgré le sauvetage de leur entreprise, ceux-ci sont loin d'être enthousiasmés par cette venue.

Il l'avait promis lors de la campagne présidentielle. Emmanuel Macron revient ce mardi sur le site amiénois de Whirlpool. Le président de la République va rencontrer les salariés du groupe d'électroménager quatre mois et demi après un premier déplacement houleux, qui était devenu l'un des moments forts de l'entre-deux-tours de la présidentielle. Une visite qui ne suscite pas de fol enthousiasme chez les syndicats de l'entreprise.

Pour ce déplacement très symbolique à l'attention des classes populaires, le chef de l'Etat, qui sera accompagné de plusieurs ministres (Elizabeth Borne, ministre des Transports, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances), va rencontrer dès 8h45 la direction ainsi que le repreneur de Whirlpool, à savoir l'indistriel Picard Nicolas Decayeux.


Ensuite, un rassemblement sera organisé à 11h30 place Longueville devant le Cirque d'Amiens, où Emmanuel Macron ira à la rencontre de contrats aidés, de salariés de Auchan et de Dunlop. A 14 heures, le chef de l'Etat se rendra chez Amazon pour en inaugurer le nouveau site logistique. 

Contacté par LCI, Frédéric Chanterelle, délégué CFDT à Amiens, l'assure : " Le Président sera reçu comme une personne lambda". "Avec les polémiques sur les ordonnances sur le Code du travail, la fin des contrats aidés et sa déclaration sur les 'fainéants', on déplore sa politique antisociale", poursuit-il. Mais alors que les salariés ont été plutôt soulagés par l'annonce d'un repreneur, "Macron viendra dans un climat apaisé".



La cloche de l'indifférence, Cécile Delpirou, déléguée de la CFE-CGC, la sonne aussi. "Je m'exprimerai peut-être après la visite d'Emmanuel Macron", confie-t-elle à LCI. "Ce qui m'importe, ce n'est pas sa visite, mais le sort de l'entreprise Whirlpool", continue-t-elle. Pour l'heure, l'entreprise Prima France, sous-traitante du groupe électroménager, n'a pas trouvé de repreneur. 

Quant à la CGT, elle appelle à un rassemblement à Amiens ce mardi, "afin de dévoiler cette supercherie, d'exprimer nos colères et eixigences", comme on peut le lire via un communiqué sur son site internet.  Le syndicat y dénonce même une "opération de communication qui vise en réalité à satisfaire l'appétit gargantuesque du MEDEF et des plus fortunés".

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Présidentielle : à Amiens, visite mouvementée chez Whirlpool pour Emmanuel Macron

Le 26 avril dernier, alors que le candidat "En marche !" rencontrait des délégués syndicaux de l'entreprise, il s'était fait voler la vedette par Marine Le Pen.


La candidate du Front national avait défié son adversaire en venant soutenir les salariés dont l'usine était menacée de fermeture. Enchaînant les selfies et les poignées de main, Marine Le Pen avait déclaré: "Quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron venait ici et qu'il n'entendait pas rencontrer les salariés (...), j'ai trouvé que c'était une preuve tellement de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j'ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir", avait martelé la frontiste.

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