Le projet d’Hidalgo d’un Grand Paris jusqu’à la mer fait bondir l'Ile-de-France et la Normandie

Le meeting d'Anne Hidalgo, le 26 février 2020.
Politique

TERRITOIRES - Alors qu'Anne Hidalgo souhaite relancer le projet d'un Grand Paris allant jusqu'au Havre en passant par Rouen, les présidents des régions Normandie et Ile-de-France s'opposent à ce qu'ils verraient comme une "annexion". "La Normandie n'est pas le paillasson de l'Ile-de-France", prévient Hervé Morin.

Le projet d'un Grand Paris allant jusqu'au Havre en passant par Rouen a été lancé en 2008 par le président Nicolas Sarkozy. Ce mardi 29 septembre, la maire de Paris Anne Hidalgo et l'édile du Havre Edouard Philippe ont réitéré leur souhait de faire avancer ce projet. "Au début, c'est vrai que certains ont moqué cette idée-là" mais "cette idée du Grand Paris jusqu'à la mer, (...) me paraît être une vision", a déclaré Anne Hidalgo.

"Paris est la seule grande métropole mondiale à ne pas avoir accès à la mer", a insisté la maire socialiste. Or, "il faut que Paris, la capitale de la France, soit beaucoup plus rapprochée, raccrochée à la mer pour avoir un débouché maritime, élément essentiel pour la qualification des grandes métropoles au niveau international", a-t-elle encore plaidé.

Selon l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, "le vrai gros sujet, (...) c'est le fret ferroviaire, absolument essentiel. Là, on n'est pas du tout au niveau", a regretté celui qui a lancé en novembre 2018 le projet de fusion des trois ports du Havre, de Rouen et de Paris. Sans cela, et sans un véritable développement du transport ferroviaire, "on ne peut pas avoir une puissance réelle dans la compétition par rapport aux autres grands ports européens", a-t-il ajouté.

"Non au dépeçage de la Normandie"

Mais l'idée ne séduit pas vraiment les deux présidents de région concernés, Valérie Pécresse (Libres) pour l'Ile-de-France, et Hervé Morin (Les centristes) pour la Normandie. Sur Twitter, ce dernier a refusé que sa région soit "le paillasson de l'Ile-de-France. Les Normands adorent recevoir les Parisiens mais ils ont trop souffert de leur division pour être désormais absorbés par l'Ile-de-France. Oui pour un projet collectif sur la Vallée de la Seine. Non au dépeçage de la Normandie, quelle idée incongrue", a indiqué l'ancien ministre de la Défense. "Encore une jacobine qui veut être Présidente de la République", a-t-il ajouté, visant la maire de Paris et de possibles ambitions pour 2022.

Ce mercredi 30 septembre, toujours sur Twitter, Valérie Pécresse a apporté son soutien à son homologue. "Je rassure 

Hervé Morin : avec moi l’Ile-de-France n’aura jamais pour ambition d’annexer notre belle voisine la Normandie, si fière de son identité retrouvée depuis la fusion, et si bien défendue par son Président ! Nous avons bien assez à faire chez nous...", a-t-elle écrit.

Après son élection à la tête de l'Etat, Emmanuel Macron avait fait de ce Grand Paris une priorité, mais le projet de réforme de la métropole parisienne n'a eu de cesse de s'enliser.

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