Le Ségur de la santé prolongé, faute d'accord sur les salaires des soignants

Le Ségur de la santé prolongé, faute d'accord sur les salaires des soignants
Politique

CONCERTATION - Le Ségur de la santé, grand chantier du gouvernement sur la refonte de l'hôpital, devait se clôturer ce vendredi 3 juillet. Mais faute d'accord avec les syndicats et alors qu'un remaniement est en cours, la date des concertations a été reportée.

Ce report ne remettrait pas en cause le calendrier gouvernement. Annoncé en grande pompe le 25 mai dernier, ce "Ségur de la santé", grande concertation pour rebâtir l'hôpital pilotée par Nicole Notat, devait initialement se clôturer ce vendredi pour des annonces prévues à la mi-juillet. Les deux dernières réunions ont été annulées, ont indiqué les syndicats, et la date de fin des concertations a été repoussée à une date ultérieure, qui n'est pas encore connue. Le ministère de la Santé a précisé à l'AFP que ces réunions avaient été "décalées" et que de nouvelles dates seraient proposées aux syndicats.

Sept milliards sur la table : "insuffisant" selon les syndicats

Pour l'heure, le gouvernement a mis une enveloppe de 7 milliards sur la table pour la revalorisation salariale des personnels soignants et le moins que l'on puisse dire, c'est que la dernière ligne droite des négociations a été chaotique malgré son accélération, ces dernières heures. Le gouvernement, qui a prévu à ce stade de répartir son enveloppe entre revalorisation générale des salaires, hausses ciblées sur certaines professions et mesures d'intéressement. Lors d'une réunion organisée avec les syndicats de la fonction publique hospitalière, le ministre Olivier Véran a proposé une rallonge de 400 millions d'euros pour les salaires du personnel paramédical (infirmiers, aides-soignants) et non médical. 

Cette somme, qui vient s'ajouter aux six milliards d'euros déjà annoncés par le gouvernement lors d'une réunion du "Ségur" organisée le 24 juin, porte à 6,4 milliards l'enveloppe prévue pour ces catégories de salariés. Une seconde enveloppe de 100 millions d'euros a été proposée aux médecins hospitaliers. De quoi porter à 600 millions le montant promis pour les médecins, internes et étudiants en médecine. Mais il s'agit là, du principal point d'achoppement. Le gouvernement juge l'effort considérable : "C'est 40 fois plus que les revalorisations annuelles des salaires à l'hôpital opérées par le précédent gouvernement (...) c'est le plus gros effort jamais réalisé pour le secteur de la santé", a-t-il poursuivi. Mais les syndicats ne sont pas forcément de cet avis. 

Selon la CGT, "les différentes propositions du gouvernement sont pour la plupart inacceptables et ne sont pas à la hauteur des légitimes attentes des agents et salariés". FO estime quant à lui, que "la revendication de 300 euros pour tous n'est clairement pas envisageable en l'état". Et du côté de la CFDT, on plaide aussi pour une hausse de cette enveloppe : "si on veut une vraie politique d'augmentation des rémunérations, pour rattraper tout le retard accumulé depuis des années, il faut 8 milliards". Ce qui permettrait, selon lui, des hausses de salaires de 200 à 250 euros pour l'ensemble des salariés. "C'est ce qu'ils ont entendu comme promesse". 

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Alors à ce stade, rien ne semble signé des deux côtés de la table, d'autant qu'une source syndicale avance que les "marges de manœuvre existent" mais qu'elle se "heurte à l'hostilité de Matignon". "Aucune des organisations de salariés" présentes aux négociations n'est disposée à "signer" les propositions du ministère, a indiqué une source à l'AFP. Mais la situation pourrait changer si "un socle" de revalorisation "à 250 euros net" était acté, ajoute-t-elle. "La période politique que nous traversons actuellement, avec le flottement concernant un remaniement ministériel, complique la situation", mais "la balle" est malgré tout "à nouveau dans le camp de l'exécutif", résume FO. Sans doute qu'avec le remaniement annoncé, les choses pourraient changer. 

Emmanuel Macron, qui avait promis durant l'épidémie de coronavirus un "plan massif", en a précisé l'ampleur jeudi soir dans un entretien à la presse quotidienne régionale: "Nous dégagerons au total entre 15 et 20 milliards d'euros". De quoi investir "dans les bâtiments, les équipements et le numérique", mais aussi augmenter "de plusieurs centaines d'euros les rémunérations à coup sûr", a-t-il ajouté. Le Collectif Inter-Hôpitaux, qui fait partie de ces concertations a rappelé mardi, dans un communiqué, que les discussions au sujet des rémunérations ne devaient pas "occulter les réformes indispensables du financement de la santé et de la gouvernance hospitalière". Selon eux, il faut faire une refonte du financement, de la T2a et de l'ONDAM. "Une réforme de la gouvernance est impérative", estiment-ils.

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