Le socialiste Olivier Dussopt nommé Secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique

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PORTRAIT - Il a été le plus jeune député de l'Assemblée nationale. Défenseur des maires des petites villes de France, très attaché à son territoire ardéchois, le socialiste Olivier Dussopt a été nommé Secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, ce vendredi. Une belle prise pour Emmanuel Macron.

Olivier Dussopt, député Nouvelle gauche de l’Ardèche, a été nommé ce vendredi Secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique. Une belle prise pour Emmanuel Macron. En effet, le jeune député était promis à un bel avenir au sein du Parti socialiste en pleine reconstruction. Le président anéantit ainsi un peu plus les chances de voir le parti se relever de ses dernières défaites électorales grâce à ses jeunes pousses. 


Surtout, Olivier Dussopt est spécialiste des collectivités locales et président de l’Association des petites villes de France. Il pourrait ainsi aider le président à renouer avec les élus locaux et les maires, en colère contre la baisse des dotations de l’Etat ou encore la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français.

A 39 ans, Olivier Dussopt a entamé au mois de juin son troisième mandat de député. Il a été élu pour la première fois en 2007, à l’âge de 28 ans. Il était alors le benjamin de l’Assemblée nationale, et ses premières semaines en tant que parlementaire avaient été suivies à la loupe par les journalistes. En 2008, celui qui revendique un fort ancrage local avait été élu maire d'Annonay. De 2006 à 2008, il a également été conseiller régional de Rhône-Alpes.

Un fort ancrage local

Diplômé de l'Institut d'Etudes politiques de Grenoble, Olivier Dussopt a également obtenu un DESS en développement local et management de territoire en alternance, pour lequel il était chargé d'études au Conseil général de l'Ardèche. Avant d'être élu député-maire, il a fait ses armes au cabinet du maire du 7e arrondissement de Lyon, et auprès du sénateur de l'Ardèche Michel Teston dont il était le collaborateur.


Issu d'un milieu modeste, le nouveau secrétaire d'Etat a adhéré au Parti socialiste en 2000. Il dit avoir eu envie de s'engager principalement pour des raisons familiales. Il a manifesté pour la première fois en 1993, contre le CIP du gouvernement Balladur, qui voulait rémunérer à 80% du Smic les jeunes de moins de 26 ans. Il a ensuite milité pour l'instauration des 35 heures et la CMU. "Mes deux parents était ouvriers. Ma mère bossait en deux '8' : les 35 heures lui permettait de souffler un peu. Quant à mon père, au chômage à ce moment là, la CMU lui assurait quand même une couverture sociale" a-t-il raconté au Lab


Dans la même interview-portrait réalisée par le Lab en 2012, Olivier Dussopt disait avoir eu quatre mentors en politique : Martine Aubry, dont il a été le porte-parole lors de la campagne pour les primaires de la gauche en 2011 ; Benoît Hamon ; Michel Teston, sénateur de l'Ardèche et président du Conseil général de 1998 à 2006 ; et Jean-Claude Tournayre, maire d'Annonay de 1997 à 2000 et ancien vice-président du Conseil général. 


Olivier Dussopt est également un proche de Manuel Valls, dont il a été porte-parole lors de la campagne de la primaire de la gauche. L'ancien Premier ministe s'est d'ailleurs empressé de saluer la nomination au gouvernement de son "ami" sur Twitter.

Prêt pour basculer du côté de la majorité présidentielle

Si le député de l'Ardèche a connu quelques accrochages avec le président de la République, notamment après que ce dernier a dit des employées de Gad que beaucoup étaient "illettrées", il s'est depuis montré plutôt favorable au chef de l'Etat. Il s'était dit prêt à voter la confiance au gouvernement, mais s'était finalement abstenu devant l'opposition de son groupe Nouvelle gauche. "Depuis le début de la législature, Olivier a toujours été clair. Si le président devait ressentir le besoin de piocher à gauche, il nous a dit qu'il pourrait être de ceux-là" a dit un ancien ministre de François Hollande au Figaro. Il y a un mois, un proche d'Emmanuel Macron ajoutait : "Dussopt, c'est typiquement le genre de socialistes qui aurait dû basculer de notre côté. On n'a pas compris qu'il ne le fasse pas, il aurait pu devenir ministre." Sitôt sa nomination annoncée,  le coordinateur du PS Rachid Temal a fait savoir qu'Olivier Dussopt n"est plus membre du parti socialiste".

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