Le Syndicat de la magistrature dénonce les "menaces édifiantes" de Marine Le Pen

RÉACTION – Après les propos virulents de Marine Le Pen prononcés lors de son meeting à Nantes dimanche dernier, le Syndicat de la magistrature a dénoncé le "mépris" de la candidate FN vis-à-vis de la justice.

Le discours leur est resté en travers de la gorge. Le Syndicat de la magistrature a dénoncé lundi dans un communiqué les propos virulent tenus par Marine Le Pen lors de son meeting dimanche à Nantes. La candidate FN, qui a refusé mercredi dernier d’être entendue par les enquêteurs dans l’affaire des assistants d’eurodéputés de son parti, avait appelé les magistrats à "ne pas contrecarrer la volonté du peuple". "L'Etat de droit est le contraire du gouvernement des juges (...). Les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l'inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple, pas pour se substituer au législateur", avait tancé Marine Le Pen. 


"Au mépris affiché pour la justice viennent de s’ajouter des menaces édifiantes : après avoir refusé de se rendre à sa convocation, Marine Le Pen promet, si elle accédait au pouvoir, de demander des comptes aux policiers et aux juges en guise de représailles", a estimé, pour sa part, le syndicat de gauche. Le Syndicat de la magistrature a également visé François Fillon alors que les avocats du candidat LR ont également remis en question l’indépendance de la justice. 

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Ils ont, en effet, estimé que le Parquet national financier, qui a ouvert une enquête préliminaire il y a un mois et a confié vendredi les investigations à trois juges d'instruction sur des soupçons d'emplois fictifs visant la famille de François Fillon, n'était pas compétent et agissait en violation du principe de séparation des pouvoirs. Proche de François Fillon, le président LR du Sénat Gérard Larcher a, quant à lui, appelé dimanche la justice à faire preuve de "retenue" dans ses enquêtes sur François Fillon et le Front national.


"Rétifs à l’égalité devant la loi, certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c’est par l’intimidation qu'ils veulent l’imposer (…) Que l’autorité judiciaire ose faire son travail, enquêter sur les infractions à la loi pénale qui lui ont été dénoncées, constitue pour eux un crime de lèse-candidat ", s'est indigné le Syndicat de la magistrature. Rappelant que "la loi est la même pour tous" et que "la séparation des pouvoirs n’est pas l’impunité organisée au profit des élus et de ceux qui aspirent à l’être", le Syndicat de la magistrature a appelé à ce que cessent "ces attaques délétères contre la justice". 

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