Le Tour de France, symbole des dissensions entre élus écologistes

Le Tour de France, symbole des dissensions entre élus écologistes
Politique

DÉSACCORDS - "Machiste", "polluant", coureurs "hyper dopés"... A tour de rôle cet été, des élus écologistes ont pris position contre le Tour de France. Certains n'en veulent plus dans leur ville, d'autres ne sont pas contre en contrepartie de plus "d'écoresponsabilité". Seul l'eurodéputé Yannick Jadot défend encore l'épreuve.

Le maire de Lyon est le premier à avoir révélé au grand public l'embarras des élus EELV avec le Tour de France. Le 9 septembre dernier dans une interview au Progrès, Grégory Doucet s'en prend à une compétition "machiste et polluant(e)", qu'il ne souhaite plus voir faire étape dans sa ville. Il plaide pour l'organisation d'un "Tour de France féminin" et pointe du doigt "l'empreinte écologique" de l'épreuve. "Combien de véhicules à moteur thermique circulent pour faire courir ces coureurs à vélo ? Combien de déchets engendrés ?", a-t-il demandé, pointant également du doigt les "goodies" jetés sur le bord de la route.

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Ce samedi 19 septembre, c'est Jacques Boutault, conseiller EELV à la mairie de Paris Centre et ancien maire du 2e arrondissement, qui a fustigé le Tour. Sur CNews, après avoir évoqué un événement polluant, il s'est attaqué à son directeur Christian Prudhomme. "Il le dit Christian Prudhomme, il y a 35% de chômeurs, on va pas leur donner du boulot, on va leur faire regarder le Tour de France et leur filer des goodies". Il "est là pour faire rêver les Français, il fait son job. Il leur file des gadgets inutiles, il leur vend un spectacle. N’empêche qu’on ne leur donne pas de boulot en attendant. Ils restent dans leur canapé à rêver à des exploits de types hyper dopés qui ne gagnent que parce qu’ils se font changer leur sang dans des cliniques."

Les écologistes refusent de faire de Rennes la ville départ du Tour 2021

Si ces prises de positions des élus écologistes se sont retrouvées sur le devant de la scène pendant la course, elles ne sont pas nouvelles chez les Verts. Mi-août, la ville de Rennes avait indiqué refuser d'accueillir le Tour de France en 2021. Les élus EELV, appartenant à la majorité de la maire Nathalie Appéré (PS), avaient poussé pour cette décision, indiquant que "le Tour de France est un événement populaire. C'est une évidence (...) Mais, loin d’être 'gratuit'", qu'il s'agisse de l'argent public ou de son coût environnemental. 

Si d'autres élus sont plus mesurés, tous s'accordent sur le fait que des efforts peuvent être fait sur l'impact environnemental de l'épreuve sportive. A Bordeaux, le nouveau maire Pierre Hurmic assure que la ville "restera candidate" à un départ ou à une arrivée d'étape dans les années à venir, mais espère "un signal fort en faveur de l'environnement" de la part d'Amaury Sport Organisation (ASO), l'organisateur de la Grande boucle.

Pour le maire de Grenoble Eric Piolle, "le Tour a commencé à évoluer. Mais il reste des axes d'amélioration, comme l'image de la femme, l'impact des émissions de gaz à effet de serre et la gestion des déchets. Sur ce dernier volet, son passage peut être traumatisant pour la montagne." Le président EELV de la métropole de Lyon Bruno Bernard a loué cette épreuve "magnifique" et "populaire" qui fait partie "de notre patrimoine". Mais il l’a aussi appelée à "plus d’écoresponsabilité".  

"Un autre Tour est possible d'un point de vue écologique"

A l'occasion du passage du Tour dans sa ville cet été, la maire de Poitiers Léonore Moncond'huy a elle déclaré à France Télévision : "On a souhaité maintenir l’accueil du Tour à Poitiers en disant qu’un autre Tour est possible d’un point de vue écologique". Tout ce qui va autour du Tour de France, notamment tous les véhicules, l’impact carbone, il faudrait le diminuer. Mais le problème n’est pas le Tour de France en lui même, mais comment il est fait. C’est pour cela qu’un autre Tour est possible, plus sobre en moyens de communication, en véhicules. La caravane, on pourrait aussi la faire différemment."

Jadot se désolidarise

Ce lundi 21 septembre sur franceinfo, l'eurodéputé Yannick Jadot, isolé au sein du parti, s'est désolidarisé de toutes ces prises de position. "Je suis fatigué de ces prises de parole. Moi qui adore le Tour de France", a-t-il déclaré. "Je ne supporte pas ce mépris, je ne supporte pas cette façon d'insulter les Français, les classes populaires. Il y a là un mépris de classe qui est absolument insupportable", a-t-il ajouté, visant notamment Jacques Boutault. Il a appelé ses pairs à "retrouver le fil d'une écologie qui rassemble". 

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