"Le vin n'est pas un alcool comme les autres" : le ministre de l'Agriculture assume et reprend les arguments du lobby viticole

"Le vin n'est pas un alcool comme les autres" : le ministre de l'Agriculture assume et reprend les arguments du lobby viticole
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POLÉMIQUE BIS - Ce mercredi, Didier Guillaume est revenu sur la polémique après ses propos affirmant que "le vin n'est pas un alcool comme les autres". Lors d'une interview sur Europe 1, il a dit "assumer", tout en utilisant le même type d'arguments que le lobby viticole.

La semaine passée, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait choqué une partie de l'opinion et les professionnels de santé. En cause ? Ses propos tenus au micro de nos confrères de BFMTV et affirmant que "le vin n'est pas un alcool comme les autres". 


Ce mercredi, sur Europe 1, Didier Guillaume est resté droit dans ses bottes, disant "assumer" ses paroles. Pourtant, vendredi dernier, sa collègue à la Santé, Agnès Buzyn, l'avait recadré en soulignant qu'on ne "peut pas banaliser la consommation d'alcool", ajoutant que si "le vin fait partie de notre patrimoine", c'est bien "la même molécule dans le vin que dans n'importe quel autre alcool".

Visiblement agacé qu'Agnès Buzyn lui fasse (gentiment) la leçon, Didier Guillaume a répliqué en affirmant ce mercredi : "Je ne suis pas recadrable, moi. Je ne pense pas que ce soit un recadrage, mais j'assume ce que j'ai dit et en même temps je veux lutter contre l'alcoolisme, contre l'addictologie." 


"Il n'y a pas de débat, la position du gouvernement est de lutter contre l'alcoolisme", a-t-il expliqué. "Il y a une grand plan de lutte contre l'alcoolisme qui a lieu (...) La filière viticole en fait partie, travaille avec les ministères de l'Agriculture et de la Santé."

Des arguments de défense très proches du lobby viticole

Pour défendre ses propos, le ministre a alors utilisé un argument surprenant : "Une molécule de vin et de whisky a le même degré d'alcool, mais je ne bois pas des molécules, je bois des verres." Un positionnement très proches de ceux de Krystel Lepresle, déléguée générale du lobby Vin et Société, ce que lui fait remarquer la journaliste Audrey Crespo-Mara. Pas de quoi atteindre le ministre, qui lui répond : "Je ne sais pas ce que c'est, le lobby du vin".

Une réponse qui pose la question d'une éventuelle proximité avec le milieu viticole. Comme l'ont noté le journaliste David Perrotin et nos confrères de Checknews, au-delà de Didier Guillaume, la conseillère Agriculture, pêche, forêt et développement rural d'Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau, est elle-même une ancienne lobbyiste du vin. 

Didier Guillaume a ensuite insisté sur l'importance du vin dans notre patrimoine culturel et pour notre économie afin de justifier ses propos. "Je n'incite pas du tout les jeunes à boire, je veux lutter contre l'alcoolisme mais c'est une réalité, il y a une viticulture en France, c'est ce qui fait notre force et c'est ce qui fait l'excédent de notre balance commerciale", a-t-il affirmé.


Agnès Buzyn ou le Premier ministre vont-ils à nouveau réagir ? L'avenir dira si Didier Guillaume n'est effectivement "pas recadrable"...

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