Législatives : Copé, Cazeneuve, Bartolone, Balkany, Ayrault, Tron… pourquoi ils ne se représenteront pas

Politique

CLAP DE FIN - Qu'ils soient lassés de la vie politique, aient envie de prendre leur retraite ou craignent le vote populaire, de nombreuses figures de premier plan - de droite comme de gauche - ont décidé de ne plus briguer de nouveaux mandats lors des élections législatives (11 et 18 juin 2017).

Pots de départ en vue à l'Assemblée nationale. A l'occasion de la dernière séance de questions au gouvernement ce mercredi, en raison des échéances électorales à venir, plus d'une dizaine de députés de tous bords ont annoncé qu'ils ne se présenteraient pas aux prochaines législatives. Retraite, usure du pouvoir, repli stratégique ou envie d'ailleurs, LCI fait le point sur les motivations de ces hommes politiques qui s'apprêtent à changer de vie et à dire au revoir à leurs petits camarades de l'hémicycle.

Parce qu’ils prennent leur retraite politique

Lors de la dernière séance de questions au gouvernement, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux législatives. "Je souhaite bonne chance à nos collègues qui se présenteront dans quelques mois devant les électeurs et adresse mes meilleurs vœux pour la suite à celles et ceux qui ont fait le choix, tout comme moi, de ne pas se représenter", a déclaré en préambule l'homme politique âgé de 65 ans. "Vous mesurez sans doute l'émotion qui est la mienne, puisque c'est aujourd'hui (…) la dernière fois que je rentre dans cet hémicycle en tant que député." L’ancien député de la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis avait été élu pour la première fois en 1981.

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Bartolone annonce qu'il ne se représentera pas aux législatives

Un peu plus tôt, lundi, Jean-Marc Ayrault (67 ans) expliquait de son côté au quotidien Ouest France qu'il ne se présentera plus à aucune élection. Conseiller général de Loire-Atlantique en 1976 puis maire de Saint-Herblain, député de la Loire-Atlantique et enfin maire de Nantes jusqu'en 2012, le ministre des Affaires étrangères comptabilise près de 40 ans de mandats locaux. Ancien Premier ministre de François Hollande, député de la Loire-Atlantique de 2014 à 2016, il estime que "l’honneur de la politique, ce n’est pas de s’accrocher tout le temps".

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Parce qu’ils craignent (sans doute) "l'effet gouvernement"

Difficile de sortir du quinquennat sans perte ni fracas. Avec la peur probable du retour de bâton dans leur fief électoral, plusieurs ministres ont ainsi renoncé à se lancer dans les législatives. 

"Laisser respirer la démocratie". C’est la justification trouvée par le Premier ministre Bernard Cazeneuve (53 ans) pour se retirer des prochaines élections législatives. En poste jusqu’en mai à Matignon, l’ancien député de la Manche (1997-2002, 2007-2012) et maire de Cherbourg (2001-2012) a expliqué à La Presse de la Manche que "les mandats doivent tourner", une "attente légitime de nos concitoyens". "J’ai exercé ces fonctions pendant 10 ans avec ma passion (député de la 4e circonscription de la Manche, ndlr)", a-t-il expliqué. Il se murmure qu’il renoncerait également à son mandat de maire pour s’éloigner de la vie politique.

Comme son Premier ministre, Alain Vidalies (65 ans) envisagerait tout autant de prendre ses distances avec la scène politique. Elu pour la première fois dans les Landes en 1988, le secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche aurait décidé de "passer la main à la génération suivante", selon son entourage, n’ayant plus l’intention de se présenter à la moindre élection.

Parce qu’ils ne sont pas forcément les bienvenus

La ministre de la Culture Audrey Azoulay a expliqué qu’elle n’avait "jamais dit" qu’elle serait candidate, mais il se murmure pourtant que la maire de Paris Anne Hidalgo aurait mis son veto à son parachutage dans la 6e circonscription de la capitale, celle-là même remportée par Cécile Duflot en 2012. La ministre du Travail et de l’Emploi Myriam El Khomri aurait également des vues sur le 18e arrondissement, mais serait aussi dans le viseur de la patronne parisienne pour les mêmes raisons que sa comparse du gouvernement.

Mis en examen dans de nombreux dossiers, Patrick Balkany (LR) a également été sommé  par Les Républicains de ne pas se représenter. Arnaud de Courson (DVD), soutien de François Fillon, lui a été préféré dans la 5e circonscription des Hauts-de-Seine (Levallois-Perret / Clichy). Une décision des "hautes sphères fillonistes" qui veulent "faire la peau à un certain nombre de sarkozystes", estime Balkany.

Dans un autre registre, le député écologiste Denis Baupin (EELV) a renoncé à présenter sa candidature. Accusé de harcèlement et agressions sexuelles par plusieurs élues écologistes, il s’est exprimé dans une lettre ouverte à ses administrés de la 10e circonscription de Paris, leur annonçant qu’il avait "décidé de ne pas être candidat aux élections législatives de 2017". "Je vais achever le mandat pour lequel j'ai été élu, au service des électeurs et électrices de ma circonscription auxquels j'expliquerai mes choix, et je verrai ultérieurement comment être le plus utile", a écrit l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, réitérant son innocence.

Parce qu’ils préfèrent s’occuper de leur mairie

La loi oblige désormais les élus au non-cumul des mandats. Nombreux sont ceux qui doivent souvent choisir entre leur siège à l’Assemblée nationale ou à la mairie (en plus d’un autre mandat). Georges Tron (LR) a annoncé qu’il ne serait pas candidat aux législatives dans la 9e circonscription de l’Essonne, dont l’ancien secrétaire d’Etat à la Fonction publique fut député de 1993 à 2010, puis de 2011 à 2012. Georges Tron souhaite se consacrer à sa mairie de Draveil qu’il dirige depuis 1995. Député de la 3e circonscription des Hauts-de-Seine depuis 1997, Jacques Kossowski (LR), maire également de Courbevoie, a fait le même choix, préférant "laisser sa place aux jeunes". Dans une interview au Figaro publiée le 11 avril, Jean-François Copé annonce lui aussi choisir sa ville de Meaux plutôt que son mandat de député. "La décision a été difficile à prendre. Après mûre réflexion, le choix de me consacrer au développement de l'agglomération meldoise, qui compte près de 100.000 habitants, m'est apparu comme une évidence."

Parce qu’ils vont faire autre chose

Désormais porte-parole de Benoît Hamon, Sébastien Denaja (PS) a tweeté pour sa dernière séance à l’Assemblée nationale. Le député de l’Hérault, ex-soutien de François Hollande, puis de Vincent Peillon, a désormais un emploi du temps très chargé pour quelques mois. 

Député de l’Essonne en 1988, puis depuis 2012, Thierry Mandon veut travailler à d’autres projets. "J’ai fait deux mandats de député, cela suffit", expliquait le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur en novembre dernier pour justifier son retrait et son envie de se "consacrer mon temps à la vie des idées. Arrivé au gouvernement, il a abandonné à Romain Colas ses mandats de maire de Ris-Orangis et de conseiller général de l’Essonne pour se conformer par avance à la loi sur le non-cumul des mandats. "Il fait du bon boulot, je n’ai aucune raison de lui demander de partir", avait-il avancé. Il se murmure également que le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Sapin (PS), serait aussi en passe de jeter l’éponge.

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