Législatives partielles : Macron et sa majorité passent leur premier vrai test

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ON REFAIT LE MATCH - Après des sénatoriales décevantes, le parti présidentiel retrouve le parfum des soirées électorales, le 28 janvier et le 4 février, dans le Val d'Oise et le Territoire de Belfort. L'occasion de voir si la "vague" des législatives s'est brisée, mais aussi de s'enquérir de l'état des autres partis.

La moitié des sièges de députés perdus. Entre 2012 et 2017, les élections législatives partielles avaient été un indicateur, parmi d'autres, de la tempête qui s'annonçait dans les urnes pour le Parti socialiste. En plus de faire perdre au PS sa majorité à l'absolue, la première vague de scrutins locaux (de décembre 2012 à juin 2013) avait vu le parti à la rose perdre 4 sièges... sur 4. Ainsi, ces législatives partielles à venir serviront elles aussi, mais dans un moindre mesure tout de même, de baromètre au parti de la majorité présidentielle.

Les marcheurs sont-ils toujours inarrêtables ?

Autant dire que, vu les précédents, la majorité LREM prend très au sérieux les deux scrutins partiels qui se dérouleront les dimanche 28 janvier et 4 février. Le premier, dans la 1ère circonscription du Val-d'Oise, voit d'ailleurs concourir une de ses ouailles, la députée Isabelle Muller-Quoy, dont l'élection avait été invalidée pour cause de suppléant inéligible. Dans cette terre qui n'échappait pas à la droite traditionnelle depuis près de 30 ans, l'élection d'une candidate se revendiquant "ni de droite ni de gauche", avait tout du "petit" exploit. Dans la même veine que l'impressionnante facilité avec laquelle les députés de "la société civile" avaient conquis le Palais Bourbon.

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En juin 2017, La République en Marche obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale

Mais, quelques mois plus tard, après la combinaison de facteurs favorables qui ont permis à la République en marche d'obtenir une large majorité absolue à l'Assemblée (309 députés), la réussite sera-t-elle toujours au rendez-vous ? La question se pose, alors que les sénatoriales de septembre ont été perçues comme un demi-échec et que les batteries de réformes d'Emmanuel Macron commencent à peine à être digérées. Isabelle Muller-Quoy semble en mesurer le risque, admettant auprès du Monde qu'elle et ses camarades, moqués pour leur transparence, avaient "un bilan" et n'étaient "plus portés par la vague En marche". Les ténors de la majorité et de l'exécutif aussi, puisqu'en attendant Edouard Philippe dans l'entre-deux-tours, Christophe Castaner, délégué général du mouvement, est allé apporter son soutien le 14 janvier.

Largement en tête (35,9%) au mois de juin 2017, loin devant Les Républicains (17,7%) et le Front national (15,3%), l'ensemble de la gauche, plus que divisée, ayant péniblement dépassé les 25%, Isabelle Muller-Quoy saura déjà dimanche 28 janvier au soir si, et dans quelles proportions, la vague LREM s'est brisée.

LFI en embuscade, l'extrême droite façon puzzle

Pour le second scrutin, dans la 1ère circonscription du Territoire de Belfort, la question se pose différemment, puisque le candidat MoDem, soutenu par LREM, n'a pas été élu. Le sortant, Ian Boucard, élu de justesse (280 voix d'écart), brigue également sa réélection. Mais cette fois, le danger pourrait venir de la France insoumise, dont la candidate, Anaïs Beltran, a obtenu pour ce scrutin le retrait des candidatures du Parti communiste et du Mouvement républicain citoyen. Pas anodin, dans ce fief de Jean-Pierre Chevènement, le créateur du MRC, et alors que la gauche hors-PS était passée à côté de meilleurs résultats, faute d'alliance, au mois de juin.

Alexis Corbière, Clémentine Autain... des figures médiatiques du mouvement sont venues sur place, et Jean-Luc Mélenchon s'est même fendu d'une vidéo de soutien, soulignant ainsi l'importance pour LFI de voir son médiatique groupe parlementaire s'accroître d'une unité.

Le scrutin de Belfort voit également s'affronter, pour la première fois depuis leur séparation, les Patriotes de Florian Philippot et le Front national, et ce, dans un climat exécrable. Preuve que, de la préoccupation légitime du gouvernement sur un éventuel vote sanction au nouvel affrontement fratricide à l'extrême-droite, sans oublier les espoirs de rebond de la France insoumise ou des Républicains, les soirées du 28 janvier et du 4 février ne manqueront pas d'intérêt. Même si elles ne risquent pas, comme les 4 scrutins à venir au mois de mars, de refonder le paysage politique.

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