Les 10 points-clés du discours de Manuel Valls

Les 10 points-clés du discours de Manuel Valls

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ASSEMBLEE - Durant 47 minutes, le nouveau Premier ministre a livré ce mardi après-midi aux députés son discours de politique générale. Pour ceux qui l'ont raté, en voici les points saillants.

1. "Trop de souffrance, pas assez d'espérance, telle est la situation de la France"
C'est l'ouverture du discours de politique générale de Manuel Valls. La phrase, en décasyllabes et en assonances, est belle mais le constat est sombre, après deux années de pouvoir socialiste. Le Premier ministre, qui se dit "conscient de cette réalité", évoque notamment la "feuille d'impôt trop lourde" des contribuables et assure avoir "entendu leur voix". Soucieux d'"ouvrir une nouvelle étape du quinquennat", il promet de "dire la vérité" aux Français.

2. Suppression des cotisations patronales sur le Smic
En accord avec le pacte de responsabilité annoncé par François Hollande en janvier , le Premier ministre promet une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros d'ici à 2016. Celle-ci passera notamment par une suppression totale des cotisations payées par l'employeur d'un salarié payé au Smic, et ce à partir du 1er janvier 2015. "Pour les salaires jusqu'à 3 fois et demi le Smic, c'est-à-dire plus de 90% des salariés, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016".

3. 500 euros de plus par an pour les smicards
En parallèle de la baisse des cotisations patronales, le Premier ministre annonce une baisse des cotisations payées par les salariés au Smic, à compter également du 1er janvier 2015. "Le pacte est aussi un pacte de solidarité, il doit améliorer le pouvoir d'achat des salariés les plus modestes", justifie Manuel Valls. Qui assure que cette mesure permettra de "procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire" aux salariés concernés.

4. Les 50 milliards d'économies détaillées
Pour poursuivre le redressement des comptes publics "tout au long du quinquennat", Manuel Valls réaffirme l'objectif présidentiel de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique de 2015 à 2017. Un effort, assure-t-il, qui "sera partagé par tous" : "L'Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d'euros, 10 milliards proviendront de l'assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales", énumère-t-il. "Le reste viendra d'une plus grande justice, d'une mise en cohérence et d'une meilleure lisibilité de notre système de prestations", ajoute-t-il sans plus de détails.

5. L'engagement sur le nucléaire dans une loi avant l'été
La loi sur la transition énergétique sera présentée "avant l'été" et comprendra l'objectif de limiter le nucléaire à 50% de la production d'électricité d'ici à 2025, confirme le chef du gouvernement. "La transition énergétique sera l'une de mes priorités", assure-t-il, alors que les relations avec les écologistes se sont tendues depuis sa nomination.

6. Le nombre de régions divisé par deux
Manuel Valls propose une vaste réforme territoriale (déjà évoquée par François Hollande), avec notamment une réduction de moitié du nombre de régions d'ici à 2017 et la suppression des conseils départementaux "à l'horizon 2021" (il existe actuellement 26 régions, dont 22 en métropole). Le nouvel hôte de Matignon propose en outre "la suppression de la clause de compétence générale" pour les collectivités territoriales, qui leur permet d'intervenir dans tous les domaines qu'elles jugent nécessaires. Enfin, il annonce "une nouvelle carte intercommunale, fondée sur les bassins de vie" qui entrera en vigueur "au 1er janvier 2018".

7. La réforme scolaire assouplie
"L'aménagement des rythmes scolaires est une bonne réforme car avec elle beaucoup plus d'enfants ont accès à des activités périscolaires, sportives, culturelles très complémentaires de l'éducation donnée par les enseignants", fait valoir Manuel Valls en préambule. "Cependant, j'ai entendu les remarques de bonne foi venant des élus", nuance-t-il, promettant en conséquence que "le cadre réglementaire sera assoupli après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus".

8. L'"apaisement" sur les sujets de société
"La France, c'est aussi un pays de liberté. Cette majorité l'a montré en ouvrant le mariage aux couples de même sexe", revendique le chef du gouvernement. Avant d'enchaîner : "Mais je souhaite l'apaisement, et c'est la volonté du président de la République. Et c'est aussi cela la gauche! La gauche est fidèle à elle-même et à ses valeurs quand elle sait s'adresser à tous et rassembler". Pour lui, "dans un pays traversé par les fractures, les rumeurs, notamment sur cette soi-disant théorie du genre à l'école , tous les républicains doivent savoir s'écouter, se retrouver et éviter les surenchères, dont les extrémismes au fond sont les seuls vainqueurs".

9. Un consensus sur la fin de vie
Toujours sur les sujets de société, Manuel Valls énumère un peu rapidement une succession de réformes et de lois à venir. "Je pense à la réforme pénale, dont le but, je le rappelle, est de lutter contre la récidive. Je pense à la famille, sujet sur lequel nous devons continuer à légiférer dans le seul intérêt de l'enfant. Je pense à la politique d'immigration et d'asile : deux projets de loi vous seront bientôt soumis. Je pense aussi à la fin de vie, pour laquelle un consensus peut être trouvé dans le prolongement de la loi Leonetti ".

10. "Je vous demande, le cœur battant pour la France, de m’accorder votre confiance"
C'est dans cette envolée lyrique que Manuel Valls conclut son discours de politique générale, non sans avoir rendu un hommage vibrant, trémolos dans la voix, à la France. "Je me battrai pour que le pays continue à voir plus grand. La France, ce n'est pas le nationalisme obscur (...). C'est l'arrogance de notre pays de croire que ce que l'ont fait ici vaut pour le reste du monde.""La France, c'est un pays qui a toujours vu plus loin que lui", ajoute-t-il. Et d'ajouter une note personnelle, lui qui est né en Espagne : "peu de pays" permettent les "plus hautes fonctions" à des citoyens nés à l'étranger.

VIDEO - L'envolée lyrique finale de Manuel Valls :

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