Les 3 phrases à retenir de la lettre d'Aurélie Filippetti

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REMANIEMENT - La ministre de la Culture et de la Communication ne repartira pas à l'aventure dans le nouveau gouvernement Valls. Elle s'en est expliquée dans une lettre ouverte adressée au président de la République et au Premier ministre, publiée cet après-midi dans Le Monde.

Dans le tremblement de terre que constitue la démission gouvernementale remise par Manuel Valls à François Hollande lundi 25 août, la lettre ouverte d'Aurélie Filippetti publiée dans Le Monde , où elle annonce qu'elle ne sollicite pas un nouveau portefeuille ministériel, fait figure de réplique. Un écrit adressé au couple exécutif, que l'élue lorraine ne ménage pas. Morceaux choisis.

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"Hayange au FN, Florange à l'UMP"

Elue de Lorraine, Aurélie Filippetti a mal vécu le déclin du bassin industriel de la région. Quand les hauts-fourneaux de Hayange ont fermé en 2011, la ministre explique : "Il m'a fallu affronter la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, alors que je m'étais battue pendant cinq années sous Nicolas Sarkozy contre le renoncement politique face à Mittal [propriétaire du site sidérurgique, ndlr]."

Amère, Filippetti dresse les conséquences politiques de ces désastres, qui avaient déjà conduit Arnaud Montebourg à exprimer sa colère devant l'exécutif : "Hayange est aux mains d'un maire [le FN Fabien Engelmann, ndlr] qui repeint en bleu-blanc-rouge les anciens wagonnets de la mine, et Florange est passée à l'UMP."

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"La baisse sans précédent du budget du ministère de la Culture"

Autre renoncement évoqué par la ministre, le sort de la culture depuis le retour de la gauche au pouvoir : "J'ai dû subir une baisse sans précédent du budget du ministère de la Culture, pourtant symbole de la gauche, deux années consécutives." Sans oublier la réforme du régime des intermittents, "pas conforme à nos engagements".

A chacun de ses exemples, Aurélie Filippetti rappelle sa "loyauté" et son exemplarité en matière de "solidarité gouvernementale". Un comportement dont elle ne se sent pas payée, malgré l'"amitié" vouée à Manuel Valls et son soutien à François Hollande "dès la primaire de 2011".

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"Faudrait-il que nous nous excusions d'être de gauche ?"

La ministre finit par en revenir à la question qui se pose depuis l'accession au pouvoir de François Hollande. Là où le Président et ses chefs de gouvernement successifs plaident pour une cohésion gouvernementale sans faille – alors qu'au sein de cette majorité cohabitent des lignes idéologiques opposées –, Aurélie Filippetti regrette que l'exécutif ait "choisi de clore ce débat pourtant attendu par nos militants et nos électeurs, par beaucoup nos parlementaires, et par les Français".

La démission du gouvernement, qui a eu lieu justement après qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont réclamé une politique plus à gauche, n'a rien fait pour lui retirer ses craintes.

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