Les 5 plaies de l'UMP

Les 5 plaies de l'UMP

POLITIQUE – Scandale Bygmalion, prêt secret, guerre des chefs... Empêtrée dans les affaires, l'UMP joue aujourd'hui sa survie. Alors que se tient ce mardi à son siège un nouveau bureau politique tendu, metronews fait le point sur les raisons qui la minent de l'intérieur.

La fin de l'UMP est-elle proche ? Depuis plusieurs semaines, les élus de droite sont de plus en plus nombreux à le craindre ou à le souhaiter. "Il faut changer les pratiques et le nom" a encore martelé lundi Nathalie Koscisuko-Morizet auprès de metronews et France Bleu. Après les multiples affaires touchant Nicolas Sarkozy et le scandale Bygmalion qui a poussé Jean-François Copé à démissionner, c'est maintenant au tour de Christian Jacob de vaciller. Depuis que le patron des députés UMP a avoué avoir détourné quelques millions de la dotation de l'Assemblée vers les caisses du parti, certains députés demandent des comptes sur cet énième dossier. Metronews revient sur les cinq raisons qui font de cette crise la plus grave que le parti ait connue.

>> Les multiples scandales
Jusqu'à récemment, les scandales touchaient presque exclusivement Nicolas Sarkozy. Ni l'affaire Bettencourt, ni celle de Karachi ou le dossier Tapie n'ont concerné directement l'UMP. Il a fallu qu'éclate l'affaire Bygmalion pour que le parti soit visé par la justice. Et depuis, l'hémorragie s'est étendue. Des élus du Sénat sont également soupçonnés de détournements de fonds public , d'abus de confiance et de blanchiment d'argent. A l'Assemblée, c'est le patron du groupe Christian Jacob, qui est critiqué au sein du parti pour avoir, comme l'a révélé Mediapart samedi, secrètement prêté 3 millions d'euros à sa formation politique. De l'ex-président au Parlement en passant par le parti, l'ensemble de l'appareil UMP est aujourd'hui gangrené par les affaires.

>> La guerre des egos
Au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, l'unité de l'UMP est partie en fumée. La guerre fratricide des camps Copé-Fillon, fin 2012, a laissé des traces durables. Obligeant les différents membres du parti à s'identifier par rapport à un camp ou à un autre. Et la démission de Jean-François Copé le 27 mai dernier n'a rien réglé. Les candidatures à la présidence du parti pour l'élection de novembre prochain, la perspective de primaires pour 2017 et l'éventuel retour de Nicolas Sarkozy entretiennent des divisions fratricides.

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>> L'absence de leader
Héritier du gaullisme, le parti s'est toujours naturellement façonné autour d'un chef. D'abord le général, puis Jacques Chirac et enfin Nicolas Sarkozy. Mais depuis le retrait de ce dernier, personne n'a su incarner ce rôle, surtout pas Jean-François Copé qui n'a cessé de battre des records d'impopularité. Et la démission de ce dernier n'a pas été un boulevard pour François Fillon. Car les scandales ayant rendu l'éventuel retour de Nicolas Sarkozy pour 2017 moins évident, nombreux sont aujourd'hui ceux qui, d'Alain Juppé à Bruno Le Maire en passant par NKM, comptent faire entendre leur petite musique.

>> Le clivage centre/droite dure
De l'absence de leaders découle l'absence d'une ligne politique majoritaire. Dès sa naissance en 2002, le parti a été tiraillé entre son centre (l'ex-UDF) et l'aile dure de l'ancien RPR, rassemblés pour faire barrage au FN. Après le coup de barre à droite de Nicolas Sarkozy en 2012, le parti a petit à petit perdu son centre. L'UDI et le Modem se sont renforcés, créant l'Alternative pour marquer leur indépendance vis-à-vis de la droite. Et comme l'a encore prouvé la campagne pour les européennes une vision politique majoritaire paraît bien difficile à tenir, entre les pro-européens et les eurosceptiques.

>> L'absence de projet
Passer dans l'opposition n'est pas une mince affaire et l'UMP le découvre. De sa création à l'élection de François Hollande, il avait toujours eu les rênes du pouvoir. Sauf qu'au lieu de proposer une véritable alternative à la majorité en place, l'UMP s'est embourbée dans ses bisbilles internes. Pour forger un projet et s'engager pour les prochaines élections, le temps est maintenant compté.

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