Les "affaires" de Jacques Chirac, premier président condamné par la justice

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La mort de Jacques Chirac

JUSTICE - Premier président condamné par la justice - en l'occurrence à 2 ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris - Jacques Chirac a vu son nom mêlé à d'autres dossiers sans pour autant être inquiété.

Détournement de fonds publics, abus de confiance, prise illégale d'intérêt. En décembre 2011, quatre ans après son départ de l'Elysée, et alors qu'il est âgé de 79 ans, les "affaires" finissent par rattraper Jacques Chirac, après des années d'enquêtes, de soupçons et d'accusations. Au cours de sa longue carrière, le nom de l'ancien président a été mêlé à plusieurs affaires. Une seule, toutefois, a mené à sa condamnation.

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Les emplois fictifs de la ville de Paris

Premier président français à être condamné par la justice, l'ex-chef d'Etat écope en décembre 2011 de deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Il ne fera pas appel du jugement, prononcé après la réunion de deux affaires distinctes. La première portait sur 21 emplois de "chargés de mission" présumés de complaisance, entre octobre 1992 et mai 1995 au cabinet de Jacques Chirac, alors qu'il était maire de la capitale. La seconde portait sur sept emplois présumés fictifs à la mairie de Paris, occupés par des permanents du RPR, prédécesseur de l'UMP et des Républicains, entre octobre 1990 à novembre 1994. Sept ans plus tôt, en 2004, Alain Juppé avait été condamné dans ce dossier en tant que secrétaire général du RPR et ancien adjoint de Jacques Chirac, chargé des finances.

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Les HLM de la ville de Paris

Outre cette unique condamnation, Jacques Chirac a été mêlé à divers degrés dans plusieurs affaires, politico-financières pour la plupart. En 1994, une enquête est ouverte après des suspicions de détournements de fonds au profit du RPR, entre 1991 et 1994, dans le cadre de marchés publics passés par l'office HLM de la ville de Paris (OPAC). L'instruction se termine en 1999, mais le juge Eric Halphen ne parvient pas à démontrer qu'il s'agit d'un système de financement occulte du parti de droite. La révélation, en 2000, de la "cassette Mery" - enregistrement posthume de l'ex-chef d'entreprise proche du RPR Jean-Claude Méry - fait peser le soupçon sur Chirac, accusé d'avoir mis en place un système de fraude aux marchés publics.

Dans une interview restée célèbre, l'intéressé qualifiera "d'abracadabrantesques" ces soupçons (à retrouver dans cette vidéo à partir de la 50e seconde). Il sera malgré tout convoqué par le juge Halphen en mars 2001, en qualité de "simple témoin", mais n’obtempérera pas. Finalement, le juge lui-même s'est déclaré incompétent à juger le Président en raison de son immunité, avant d'être dessaisi du dossier. La procédure touchant à Chirac est quant à elle annulée pour vice de forme, et le procès qui a lieu en 2005-2006, ne verra aucun responsable politique figurer parmi les prévenus.

Les marchés publics des lycées d'Île-de-France

Autre affaire liée à la gestion du RPR dans la capitale : les marchés publics des lycées d’Île-de-France. Cette fois, selon l'enquête menée entre 1997 et 2007, des entreprises du BTP (Bouygues, Eiffage, Spie Batignolles, Suez et Générale des eaux) se sont vues attribuer des marchés publics dans les lycées d’île-de-France si elles reversaient 2% du montant des contrats - soit l'équivalent de plusieurs millions d'euros - à des partis, RPR en tête mais aussi PS, Parti Républicain et PCF. Dans ce dossier, Chirac avait été soupçonné d'avoir bénéficié d'une partie de ces fonds pour effectuer des voyages avec son entourage, payés en liquide entre 1992 et 1995.

La Sempap, l'imprimerie de la ville de Paris

La Sempap, qui imprimait les documents municipaux jusqu'en 1996, a été soupçonnée d'avoir favorisé des entreprises et financé le RPR, ainsi que d'avoir imprimé des documents personnels pour Bernadette Chirac. Jacques Chirac a témoigné devant le juge en mai 2008, mais a déclaré tout ignorer du dossier. Après 12 ans d'enquête, en 2009, le juge a finalement terminé son instruction sans mettre en cause l'ancien chef d'État.

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L'affaire des "frais de bouche" à 700 euros par jour

Grand mangeur, Jacques Chirac a-t-il bénéficié des largesses de la ville de Paris en matière de frais de bouche quand il était maire ? L'Inspection générale de la Ville a en tout cas souligné que 2,13 millions d'euros avaient été affectés de 1987 à 1995 à l'alimentation et aux réception du couple Chirac, soit environ 700 euros par jour. L'affaire s'est terminée en 2005 par un non-lieu.

Les faux électeurs et la condamnation des époux Tiberi

Jamais mis en cause formellement dans cette affaire, Chirac a été malgré tout accusé lors du procès d'avoir organisé un vaste système de transferts d'électeurs d'arrondissements acquis à la droite vers des arrondissements plus à gauche, afin de faire le "grand chelem" lors des élections de 1989 et de 1995. En mars 2013, c'est Jean Tiberi, ex-maire de Paris, et son épouse Xavière qui ont été condamnés en appel à de la prison avec sursis et une peine d'inéligibilité pour le premier nommé.

Les voyages gratuits

En 1995, la compagnie Euralair est accusée d'avoir mis à disposition du candidat Chirac l'un de ses appareils pour au moins un déplacement en province, sans jamais le lui facturer. Bernadette Chirac est soupçonnée pour sa part d'avoir bénéficié d'au moins cinq vols gracieux en 1998 et 1999, sur ordre du PDG d'Euralair. Protégé par son immunité, le président Chirac n'a jamais été interrogé sur l'affaire et les faits ont fait l'objet d'un non-lieu en 2009.

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