"Les députés sont des ascenseurs" : après le couac du congé de deuil parental, de Montchalin soutient les élus de la majorité

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L'INTERVIEW POLITIQUE - La secrétaire d’État chargée des Affaires européennes était l'invitée d'Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI du mercredi 12 février. L'occasion pour Amélie de Montchalin d'évoquer la tentative d'Emmanuel Macron de rassembler la majorité et les débats sur la réforme des retraites.

Au lendemain de la réunion des députés de la majorité à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, Elizabeth Martichoux a interrogé Amélie de Montchalin sur ce moment de flottement que vit actuellement La République en Marche. Après la crise interne vécue suite à la polémique liée au congé de deuil parental, un exemple est venu illustrer ce sentiment de ne pas être écoutés chez les élus : celui de la députée de la Nièvre Perrine Goulet, qui a raconté au président que "les cabinets ne nous croient pas quand on fait remonter des trucs de terrain." Est-ce le syndrome d’un manque de communication entre le gouvernement et les parlementaires ?

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Un témoignage regrettable, selon la secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, qui a rappelé qu' "un ministre qui travaille sans députés est un ministre qui fait mal son travail" et "prendrait le risque de se déconnecter de la réalité."

"De par mon expérience, ce que je peux vous dire, c’est qu’un député est un ascenseur. C’est quelqu’un qui, en permanence fait le lien entre réalité très particulière de sa circonscription et le débat national. On a absolument besoin d’eux."

"Si nous avions voulu passer en force, ça fait longtemps qu’on aurait fait autrement"

En dépit de l'indépendance présumée du pouvoir législatif, le président de la République a répété ce mardi soir aux députés de la majorité : "Il faut que la réforme des retraites passe avant l’été." Un délai très court pour une réforme majeure, alors que le gouvernement répète que le texte devra être adopté à l'Assemblée nationale avant les élections municipales. Un recours à l’article 49.3 de la Constitution sera-t-il enclenché ? 

Si pour Amélie de Montchalin, il est impossible de "passer encore deux ans et demi à être sur une même réforme", elle ne pense pas pour autant que le gouvernement prenne "le chemin" du 49-3, cet article "bulldozer" de la Constitution qui permet à un gouvernement de forcer un texte sans passer par un examen, en mettant en jeu sa responsabilité au moyen d'un vote devant les députés. "Ce qui dit le Président c’est qu'il faut qu’on change la vie quotidienne. Et donc, il faut qu’on puisse avoir, après l’été, l’opportunité de changer d’autres sujets. Si nous avions voulu passer en force, ça fait longtemps qu’on aurait fait autrement." 

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La secrétaire d'Etat en a profité pour tacler à tout va les différents partis qui s'opposent à la réforme des retraites. Des Insoumis, qui ont totalement obstrué les débats en commission à l'Assemblée nationale avec le dépôt de 19.000 amendements. Aux Républicains, dont elle juge, dans le même temps, que les propositions sont "des non-alternatives". Deux partis qui ont pourtant chacun porté et détaillé leur projet.

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Maintien du budget de la PAC : "C’est une politique absolue de souveraineté"

Concernant la PAC, la Politique agricole commune, la secrétaire d'Etat s'engage à "stabiliser son enveloppe pour qu'entre 2021 et 2027" les mêmes sommes y soient consacrées. "La PAC n'est pas une politique has been sous prétexte qu'elle existe depuis longtemps. C'est une politique absolue de souveraineté" car "un continent qui importe sa nourriture n'est pas un continent puissant." 

Interrogée sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne et le trou que cela représente pour le budget communautaire, Amélie de Montchalin confirme bien que "cela coûtera davantage" aux Etats membres. "Ceux qui payaient pour l'Europe paieront un petit peu plus", France comprise. 

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En revanche, la secrétaire d'Etat n'a pas souhaité confirmer le coût du retrait du Royaume-Uni, dont la contribution en moins est estimée à 12 milliards d'euros. 

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