Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne vont-ils disparaître au profit du Grand Paris ?

Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne vont-ils disparaître au profit du Grand Paris ?

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CONTROVERSE- Les présidents de ces trois départements franciliens s'insurgent contre ce qu’ils considèrent comme le scénario privilégié par Michel Cadot, préfet de l'Ile-de-France, concernant la refonte de l'organisation institutionnelle de la région.

Le scénario est qualifié d'"ubuesque" par les patrons du 92, du 93 et du 94. Selon un document élaboré par Michel Cadot, préfet de l'Ile-de-France, trois départements de la petite couronne, à savoir les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne pourraient disparaitre au profit du Grand Paris. Il s'agirait en effet de la piste privilégiée par ce dernier, mandaté par Emmanuel Macron pour penser la refonte de l'organisation institutionnelle de la région, assure Le Monde dans son édition du week-end.  

"Accentuer le sentiment de délaissement"

Dans un communiqué, les présidents de l'ensemble des départements franciliens ont affirmé qu'ils s'y "opposeraient par tous les moyens politiques et juridiques" le cas échéant, regrettant des fuites dans la presse d'"informations jamais partagées avec les élus". Selon eux, ce scénario de réforme, déjà évoqué par le président de la République pendant la campagne électorale, "aggraverait les fractures territoriales et sociales" et "accentuerait le sentiment de délaissement des zones moins denses, avec des conséquences sur l'emploi et le vote extrémiste". Sur Twitter, le président de l’Assemblée des Départements de France, Dominique Bussereau, a également vivement réagi, estimant que "supprimer des départements actifs et engagés […] au profit d’une Métropole bredouillante serait une erreur grave".


Toujours selon cette proposition, les limites actuelles de la Métropole du Grand Paris seraient maintenues, les élus plaidant au contraire pour "une grande métropole", "englobant toute l'Ile-de-France". Approuvé par la maire de Paris Anne Hidalgo, ce maintien de la métropole dans son périmètre actuel ne convainc pas la présidente d'Ile-de-France Valérie Pécresse, qui souhaite pour sa part la diluer dans la région, souligne Le Figaro

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Pas de pouvoirs accrus

Alors que les compétences des trois départements concernés seraient transférées en grande partie vers les 12 Etablissements publics territoriaux (EPT) créés en 2016, dont 11 sont composés par les 130 communes appartenant au Grand Paris, les pouvoirs de la Métropole elle-même ne seraient pas accrus. Selon Le Monde, cette dernière aurait en effet davantage un rôle d'"harmonisation" et de "coordination" des politiques des douze EPT qui deviendraient des "pôles de décision plus autonomes".


Cette réforme devrait faire l'objet d'un projet de loi, qui sera déposé avant l'été 2018. Pour rappel, le projet du "Grand Paris" a été imaginé par Nicolas Sarkozy il y a dix ans, avec l'objectif d'ancrer la capitale dans le club très fermé des "villes mondes" à l'image de Londres ou New York. La Métropole du Grand Paris (MGP) regroupe Paris, les 123 communes de la petite couronne et sept communes de la grande couronne parisienne.

* Le communiqué est signé par Jean-Jacques Barbaux (Seine-et-Marne, LR), Pierre Bédier (Yvelines, LR), François Durovray (Essonne, LR), Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine, LR), Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis, PS), Christian Favier (Val-de-Marne, PCF) et Marie-Christine Cavecchi (Val-d'Oise, LR).

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