Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie font chuter le gouvernement collégial

Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie font chuter le gouvernement collégial

TENSIONS - Le gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie est tombé ce mardi après la démission des indépendantistes de l'exécutif dans une lettre adressée au président du gouvernement Thierry Santa.

Les indépendantistes ont dénoncé "l'impasse et l'immobilisme" dans l'archipel. L'une des principales raisons ? La vente d'une usine de nickel, exploitée par le groupe brésilien Vale, qui crée un climat de tension depuis plusieurs mois. Le FLNKS incrimine le "processus de vente " de cette usine de métallurgie qui ferait "primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales".    

De fait, cette transaction soulève une flambée de violences dans la mouvance indépendantiste. L'usine est à l'arrêt depuis décembre dernier, mais reste la cible d'exactions permanentes. La vente pourrait aboutir le 12 février, mais aurait été avancée à mercredi, selon plusieurs sources. 

C'est dans ce contexte que le chef du groupe UNI-FLNKS (Union Nationale pour l'indépendance) Louis Mapou et son homologue de l'UC-FLNKS (Union calédonienne) Pierre-Chanel Tutugoro indiquent avoir "déposé conjointement" une lettre au président du gouvernement Thierry Santa (loyaliste). "Les membres du gouvernement (indépendantistes, ndlr) présentent leur démission", stipulent-ils. 

Un "immense risque" pour la stabilité de l'archipel

De son côté, l'Avenir en Confiance (AEC), coalition des principaux partis non indépendantistes dont est issu le président du gouvernement Thierry Santa, a fustigé "une décision incohérente, irresponsable et dangereuse". "En provoquant une crise institutionnelle en pleine période de gestion de la crise sanitaire, d'une possible crise budgétaire ainsi que des tensions économiques et sociales fortes, les indépendantistes font peser un immense risque sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie", s'agace l'AEC dans un communiqué.     

Le leader de l'Éveil Océanien, parti charnière au Congrès à même de faire et défaire les majorités, Milakulo Tukumuli, a quant à lui estimé que cette décision des indépendantistes avait été prise uniquement "pour bloquer la cession de l'usine de Vale". "Je préfère une action institutionnelle à une action sur le terrain. Nous l'avons déjà dit, nous pensons qu'il faut repousser la vente de cette usine, les oppositions sont trop fortes", a déclaré M.Tukumuli. Ce dernier n'a toutefois pas précisé si son parti formerait ou pas une majorité avec le FLNKS "dans ce contexte compliqué".         

Par ailleurs, les indépendantistes mettent en cause "le retard dans le vote du budget primitif" de l'île, qui a été reporté à mars prochain, ainsi que "la dynamique institutionnelle en panne et le consensus qui est de moins en moins la règle".

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Selon le statut de l'accord de Nouméa (1998), un nouveau gouvernement devrait être élu dans un délai de 15 jours. Cependant, les discussions avec l'État pour préparer "l'après accord de Nouméa" sont au point mort en raison de cette vente conflictuelle de l'usine Vale.

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