Les maires veulent avoir les mains libres pour accélérer la vaccination

Les maires veulent avoir les mains libres pour accélérer la vaccination

MOBILISATION - Face à un pouvoir exécutif accusé de lenteur, de nombreux élus locaux réclament la levée des contraintes réglementaires. Ils se tiennent prêt à ouvrir eux-mêmes, immédiatement, des centres de vaccination de masse.

Les élus locaux se rebiffent. Face aux accusations de lenteur à l'encontre de l'exécutif, de nombreux maires, toutes tendances confondues, font entendre leur voix pour contribuer à accélérer la campagne de vaccination en France. Alors que le plan des autorités sanitaires prévoit pour l'heure de vacciner en priorité les résidents des Ehpad et leurs soignants, ils pressent pour une accélération à grande échelle, selon le modèle des "vaccinodromes" déjà à l'œuvre, par exemple, en Allemagne. Jusqu'ici, en France, des centres de vaccination ouvrent leurs portes, mais ils ne sont prévus que pour accueillir les soignants.

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Il faut arrêter de se mettre des contraintes- Frédéric Leturque, maire d'Arras

Pour cela, les édiles réclament une levée des contraintes réglementaires ou bureaucratiques qui ralentiraient la stratégie vaccinale française. "Le président de la République a un gros caillou dans sa chaussure : la technocratie", a ainsi fustigé, sur LCI, le maire (divers droite) de Poissy Karl Olive. "On passe le temps à nous expliquer pourquoi ce n'est pas possible de faire ce que l'on veut faire, à nous, élus de terrains. Alors parfois, on passe directement par le préfet ou l'ARS, comme à Poissy. On a transformé en 24 heures une salle des fêtes en centre de soins, puis en centre de dépistage. Et demain, en centre de vaccination."

Jugeant la situation "inadmissible", le maire centriste d'Arras Frédéric Leturque a également plaidé, lundi 4 janvier sur LCI, pour une simplification de cette stratégie au profit des élus locaux. "Il faut qu'on arrête de se mettre des contraintes, des procédures. Il faut faire confiance aux gens sur le terrain, libérer l'énergie", a expliqué l'édile, qui attend la livraison de 5.000 doses de vaccin mercredi 6 janvier dans l'hôpital de sa commune et promet de dénoncer "les blocages" éventuels.

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Des nombreux élus se tiennent prêts, s'ils obtiennent le feu vert des autorités sanitaires, à mettre immédiatement à disposition des espaces dédiés à la vaccination de masse. Le maire PS de Nancy Mathieu Klein a même pris les devants en ouvrant, dès le 31 décembre, un premier site de vaccination, avant d'en ouvrir trois autres dans les prochains jours. L'enjeu est "d'accueillir le plus grand nombre de soignants, d'aides à domicile, d'auxiliaires de vie, et demain je l'espère, d'habitants, qui auront accès ainsi à la vaccination", a expliqué l'élu sur RTL, plaidant pour un "élargissement" de cette première phase. 

Le maire de Niort, Jérôme Baloge (Mouvement radical), dénonçant "un protocole complexe et très lent", a également plaidé sur France Bleu pour l'ouverture de tels centres de vaccination, en s'inspirant de ceux "mis en place en 2009 pour la grippe de H1N1". "Les méthodes étaient peut-être trop rapides à l'époque, mais elles avaient eu le mérite de fonctionner."

Le gouvernement temporise

D'autres maires, comme Jean-François Copé à Meaux, Jean-Michel Genestier au Raincy, ou encore Boris Ravignou à Charleville-Mézières, ont indiqué vouloir mettre à disposition plusieurs salles dans ces communes. "Dans 72 heures, dès qu'on peut avoir le 'go' de l'État, ce centre peut être opérationnel", a fait valoir le maire du Raincy sur BFMTV. Le maire LR de Reims Arnaud Robinet a également proposé à l'État de "mettre à disposition son centre de vaccination communale ainsi que des salles municipales en coordination avec le CHU de Reims et la médecine de ville". À Paris, les maires LR du 17e et du 5e arrondissements ont aussi proposé que les centres de dépistages déjà en place soient convertis en centres de vaccination. 

Un scénario qui n'est envisagé, pour l'heure, qu'à partir du mois de février, a indiqué ce dimanche sur LCI le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. "Les élus peuvent proposer aux ARS, pour les phases ultérieures, des lieux pour des points de vaccination, avec deux prérequis, la proximité et un accompagnement médical", a indiqué ce dernier. À moins que l'exécutif ne revoie sa stratégie en cours de route. Une réunion au sujet de la vaccination contre le Covid-19 était justement prévue à l'Élysée, lundi après-midi. 

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