Les quatre étonnantes omissions de Sarkozy sur ses affaires judiciaires

Les quatre étonnantes omissions de Sarkozy sur ses affaires judiciaires

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JUSTICE – Interrogé par le JDD sur les obstacles que pourraient représenter les huit affaires judiciaires qui le mettent en cause, Nicolas Sarkozy a purement et simplement balayé quatre dossiers. Et a oublié d'évoquer les quatre autres qui pourraient sérieusement freiner son retour.

En lisant la réponse de Nicolas Sarkozy, on se dit que l'ancien président n'a pas vraiment de raisons de craindre la justice. "Reste l'obstacle des affaires. Huit, a compté Le Monde . Il les balaie d'un revers de main", écrit le JDD ce dimanche avant de livrer l'étonnante réponse de l'ex-chef d'Etat : "Je suis sorti de Karachi. J'ai été blanchi dans Bettencourt. Sur la Libye, ils [les juges] savent que les documents sont faux. Quant à Bygmalion , c'est moi qui suis la victime. Chacun sait que ce n'est pas un système dédié à Sarkozy."

 Il oublie sa mise en examen après 15h de garde à vue
Interrogé sur huit affaires, Nicolas Sarkozy se contenterait donc d'en balayer quatre. Et les autres ? L'ex-chef d'Etat sait peut-être que les dossiers qu'il n'évoque pas sont justement les plus sérieux. Le 2 juillet dernier, il a en effet été mis en examen pour "corruption active" et "trafic d'influence" . Les juges d'instruction soupçonnent Nicolas Sarkozy d'avoir essayé, par l'entremise de Me Herzog, d'obtenir des informations couvertes par le secret de l'instruction auprès du magistrat Gilbert Azibert sur une décision de justice en lien avec l'affaire Bettencourt, en échange de la promesse d'une intervention pour un poste de prestige à Monaco. Cette décision est d'ailleurs intervenue après le placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy pendant plus de 15h.

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 Même omission pour l'affaire Tapie
Trois juges d'instruction enquêtent sur la décision prise fin 2007 par l'ex-ministre de l'Économie, Christine Lagarde, de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant depuis 1993 l'homme d'affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. L'État sera condamné à lui verser quelque 400 millions d'euros. Mais dans ce dossier qui concerne surtout l'entourage de l'ancien président, Nicolas Sarkozy est aussi mis en cause. Il aurait en effet rencontré Bernard Tapie à 18 reprises entre 2007 et 2010. Certains soupçonnent donc l’ancien président d’avoir favorisé Tapie pour le remercier de son soutien lors de la campagne de 2007.

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► Qu'en est-il du dossier "sondages à l'Elysée" ?
Un juge enquête actuellement sur la régularité des contrats conclus, sans appel d'offres, entre l'Élysée et neuf instituts de sondage pendant son quinquennat. En 2007, la présidence de la République passe un contrat avec le cabinet d'études Publifact, alors dirigé par Patrick Buisson, un conseiller de... Nicolas Sarkozy. L'accord prévoit un versement annuel de 1,5 million d'euros, plus 10.000 euros de rémunération mensuelle. Une convention jugée irrégulière par la Cour des comptes en 2009, car passée sans appel d'offres. Cette procédure est en effet obligatoire pour de telles sommes. En avril, le bureau et le domicile parisien de Patrick Buisson ont été perquisitionnés. Les investigations portent notamment sur d'éventuels faits de "favoritisme" de la part de l'ancien président.

► Exit ses voyages d'affaires suspects
La justice s'intéresse enfin à trois voyages en jet effectués par Nicolas Sarkozy entre décembre 2012 et février 2013, et facturés 300.000 euros à la société de son ami Stéphane Courbit. Des vols découverts à la faveur de l'enquête sur "Air cocaïne", un trafic de stupéfiants entre la République dominicaine et la France. L'avocat du dirigeant de la société de transports (la SNTHS) au cœur du dossier, estimant que "les investigations" concernant ces voyages "ont porté ou portent toujours sur des faits étrangers" à l'enquête, en a demandé l'annulation. Malgré tous ces non-dits, Nicolas Sarkozy se montre en tout cas confiant.

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