Les responsables LR et RN dénoncent "black blocs" et "antifas", mais que sait-on des casseurs de l'acte 18 à Paris ?

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La colère des Gilets jaunes

MANIFESTATIONS - Depuis samedi, Marine Le Pen (RN), Nicolas Dupont-Aignan (DLF) ou encore Guillaume Larrivé (LR) appellent le gouvernement à neutraliser les "black blocs" ou autres "antifas" qui, selon eux, sont responsables des violences commises lors de "l'acte 18" des Gilets jaunes. Le profil des individus interpellés semble moins facile à identifier.

Qui sont les pilleurs du samedi 16 mars sur les Champs-Elysées ? Depuis ce week-end, les critiques à l'égard du gouvernement et de sa gestion du maintien de l'ordre se concentrent, à droite et à l'extrême droite, sur la présence de membre de groupuscules "d'ultragauche", anarchistes ou "black blocs" au sein des manifestations des Gilets jaunes. De fait, certains de ces groupes ont été identifiés lors des exactions de samedi dans la capitale.

"Je réclame d'Emmanuel Macron qu'il opère la dissolution de ces groupuscules d'extrême gauche, qui œuvrent en cassant tout, en brûlant tout, et qui agissent en toute impunité", a déclaré dimanche 17 mars Marine Le Pen. Pour la présidente du RN, qui cible "antifas" et "black blocs", "les cagoules noires ont remplacé les Gilets jaunes" à Paris. 

"Ça fait des années que les antifas se renforcent, je ne comprends pas qu'on les laisse agir sans dissoudre cette organisation", a également estimé le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan. Chez LR, le député Guillaume Larrivé a lui aussi appelé à "traquer les black blocs" plutôt que "faire des lois liberticides qui empêchent en amont de manifester". 

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Un profil moins évident

A l'issue des violences qui ont émaillé "l'acte 18" des Gilets jaunes dans la capitale, 296 interpellations ont été recensées par les autorités, donnant lieu à 254 gardes à vue, dont 91% d'hommes et 8% de mineurs. 

Les éléments transmis jusqu'ici ne permettent pas d'en déduire que les casseurs du 16 mars appartenaient spécifiquement à des groupuscules d'ultragauche, antifas ou black blocs. On sait que parmi les individus interpellés, près de la moitié avaient entre 20 et 40 ans, et qu'une vingtaine d'entre eux étaient des ressortissants étrangers, belges ou allemands, sans certitude sur leur appartenance ou non aux black blocs. En outre, une majorité des gardés à vue, soit 138 personnes, résidaient en province. Parmi les motifs les plus fréquents des interpellations : participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, jets de projectiles, dégradations, violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. 

Pilleurs non professionnels

Une note policière transmise à LCI complète un peu le tableau. On compte ainsi 113 interpellations pour des groupements en vue de préparer des violences (avec détention de matériel comme les gants coqués, couteaux, jambières, mortiers d'artifice...), et 120 pour "vol ou recel de vol", essentiellement des vêtements et des bijoux pillés sur les Champs-Elysées. 

Selon les éléments complémentaires recueillis par TF1, une majorité des interpellés aurait un casier judiciaire vierge, ce qui les éloigne du profil classique des casseurs récidivistes. Mardi 19 mars, devant la commission des lois du Sénat, le secrétaire d'Etat Laurent Nunez a indiqué que le phénomène nouveau, observé notamment samedi, tient à la présence de "Gilets jaunes radicalisés qui viennent s'agréger aux black blocs". Il a d'ailleurs défini les black blocs comme des "constitutions de groupes violents pendant les manifestations, souvent issus de la mouvance ultra - soit 1.500 individus - mais pas seulement". Au total, selon le secrétaire d'Etat, 10.000 individus ont été recensés comme ayant un comportement violent. 

Les groupuscules d'extrême gauche étaient-ils donc infiltrés dans les manifestations ? Pour l'heure, rien ne permet de quantifier cette information. Ni de dire si, le cas échéant, ces casseurs "professionnels" sont parvenus à quitter plus rapidement le secteur de la manifestation que les autres manifestants interpellés par les forces de l'ordre. 

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