Les socialistes se préparent sereinement à la vente de Solférino

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IMMOBILIER – En raison d’un contexte budgétaire délicat résultant de ces déroutes électorales mais aussi afin de se réinventer politiquement, le PS songe de plus en plus à se séparer de son siège historique situé dans le VIIe arrondissement de Paris.

Vendre ou ne pas vendre Solférino ? Peu de gens le savent mais presque tous les premiers secrétaires du PS se sont déjà posés la question, nous révèle un cadre historique du parti. "Et ce n’était pas toujours pour des raisons financières…". Quoi qu’il en soit, cette hypothèse n’a jamais été autant d’actualité.


Il faut dire que la situation financière du Parti socialiste est plus que préoccupante. Ses déroutes électorales, à la présidentielle et aux législatives surtout, vont lui coûter cher. Lors du précédent quinquennat, les socialistes bénéficiaient d’environ 25 millions d’euros par an de dotations publiques. Au cours des cinq prochaines années, ils devront se contenter de 7 millions d’euros par an, en raison de la perte de nombreux députés.

Les recettes étant largement amputées, les socialistes vont devoir se serrer la ceinture et tailler dans les dépenses pour ne pas faire sombrer les finances du parti. Une réduction du personnel – plus d’une centaine de permanents travaillent au PS – est également redoutée dans les couloirs de Solférino. Mais l’option privilégiée reste celle de la vente du siège du parti, acquis au début des années 80 et situé dans le très chic VIIe arrondissement de Paris. 

Selon certaines estimations, la vente de ce bâtiment, un hôtel particulier de 3000 m², pourrait rapporter 50 millions d’euros aux caisses socialistes. De quoi envisager sereinement l’avenir sur le plan financier, à défaut de parvenir à rebondir sur le plan politique. Même les plus anciens hiérarques socialistes semblent en tout cas se faire à l’idée de quitter ce lieu, pourtant chargé d’histoire. "Qui dit nouvelle dynamique, dit aussi nouveau lieu", explique à LCI la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann. Pour elle, ce serait "un signe positif" si les socialistes décidaient de s’installer dans un quartier plus populaire. 


"On dirige mal un parti de gauche depuis le VIIe arrondissement", abonde un cadre socialiste qui préfère conserver l’anonymat "car il y a beaucoup de nervosité en ce moment au PS en raison du contexte post-électoral". Lui aussi estime qu’il serait plus judicieux de "se rapprocher des quartiers populaires". Une idée déjà émise par Ségolène Royal, en 2007, et qui à l'époque lui avait valu d'inamicales remontrances. 


D’autres, encore attachés à ces murs, imaginent des solutions alternatives comme l’entrée au capital des militants. Une solution qui permettrait de conserver le siège tout en apportant de l’oxygène sur le plan financier. Une chose est sûre, le trésorier du PS, Jean-François Debat, en lien avec le Bureau national, seul organe compétent à acter la vente du siège, vont devoir rapidement prendre une décision.

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