Les trois chantiers de Castaner à la tête de LREM

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EN MARCHE - Élu samedi délégué général du mouvement La République en Marche, Christophe Castaner va avoir du pain sur la planche. Outre la préparation des élections européennes, dont le scrutin aura lieu en 2019, il va devoir structurer le parti présidentiel afin d’assurer son développement et sa pérennité.

"Ce n'est pas la politique qui doit changer notre mouvement, c'est notre mouvement qui doit changer la politique" L’actuel secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a été élu samedi pour trois ans au poste de délégué général de La République en Marche (LREM). Ce très proche d'Emmanuel Macron, qui a assuré que l'adhésion au mouvement restera gratuite, aura ainsi la délicate mission de donner un nouvel élan à l'écurie présidentielle après les critiques essuyées sur sa discrétion sur la scène politique et son manque de démocratie interne. 


L’intéressé a tenu à préciser les choses dès ce week-end : il ne sera pas "le chef du mouvement" mais "un animateur" et "un facilitateur" ; le patron de LREM, le vrai, restant naturellement Emmanuel Macron. Ses nouvelles fonctions, non rémunérées, vont d’ailleurs l'obliger à abandonner au moins le porte-parolat. Mais certains, y compris dans son camp, poussent pour un départ du gouvernement, jugeant sa casquette de chef de parti incompatible avec son secrétariat d'Etat. En cas de départ, Christophe Castaner retournerait alors sur les bancs de l'Assemblée nationale, comme député des Alpes-de-Haute-Provence.

Organiser une "grande marche" pour l’Europe

Quoi qu’il en soit, l’ancien socialiste, qui dit vouloir "remettre le mouvement en mouvement", va devoir préparer les échéances politiques, au premier rang desquelles les européennes de 2019. Sur ce point, il entend lancer début 2018 une "grande marche" pour débattre avec les Français de l'avenir de l'Europe. 


Celle-ci sera menée "dans les villages, auprès des agriculteurs qui s'inquiètent des dérives européennes mais savent l'importance de la Politique agricole commune, de nos concitoyens qui peuvent trouver que l'Europe est un amoncellement de normes...", a-t-il expliqué ce lundi. LREM "sera partout en France au premier trimestre pour que nous puissions porter cette ambition" pour l'UE, a ajouté Christophe Castaner.

Donner aux marcheurs "de l'utilité et de la responsabilité"

Autre chantier, et non des moindres, assurer le développement du mouvement qui revendique environ 380.000 adhérents. Son fondateur est désormais à l’Elysée mais il faut continuer à structurer l’édifice. En plus d’élaborer un "corpus idéologique" basé sur le programme présidentiel d’Emmanuel Macron, Christophe Castaner a promis de trouver de "l'utilité et de la responsabilité" à chacun au sein de LREM. 


Une tâche presque herculéenne, le parti ayant été laissé en jachère depuis les élections présidentielle et législatives. D’autant que des critiques en interne sur son fonctionnement peu démocratique n’ont pas manqué ces dernières semaines. "Ces sujets ne sont pas tabou", a répondu Christophe Castaner, tout en lançant un avertissement: "nul besoin de mise en scène médiatique pour cela. A trop aimer les allumettes, on peut tous se brûler".

Faire taire les critiques

Le nouveau délégué général de LREM devra effectivement apaiser les remous liés à l'élection des 20 membres de son bureau exécutif qui ont cristallisé certaines critiques. La liste favorite, composée par et pour Christophe Castaner, a été choisie à une large majorité samedi (386 voix sur 521 votants) même s'il manquait toutefois quelque 200 membres sur les 750 du Conseil. Sa composition a également été jugée par certains trop "parisienne" et éloignée des simples adhérents.


Christophe Castaner pourra en tout cas compter sur le soutien d’Edouard Philippe. "Lorsque tout le monde file droit, on hurle à la caporalisation. Lorsque tout le monde débat, on hurle à la cacophonie. Et lorsqu'on évite ces deux écueils, on trouve toujours quelqu'un pour hurler", a lancé samedi le Premier ministre. Avant de conclure: "votre mouvement est en marche et rien ne l'arrêtera". 

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