Les vacances des députés sont-elles trop longues ?

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MISE AU POINT - Selon RTL, François Hollande s'est plaint, en Conseil des ministres, de la longueur des vacances des députés alors que plusieurs textes de loi attendent d'être examinés. Ces derniers, qui reprendront les séances le 26 avril, assurent qu'ils ne chôment pas. Et renvoient la balle au gouvernement.

A un an de la présidentielle, François Hollande ressemble à un patron pressé et stressé. Projet de loi Travail, projet de loi Sapin II sur la transparence et la corruption, projet de loi Egalité et citoyenneté… Le président, qui souhaiterait voir de nombreuses réformes adoptées avant l'été, met la pression sur les parlementaires.

Selon RTL , le chef de l'Etat s'est ému, lors du dernier Conseil des ministres, de la longueur des "vacances parlementaires" de printemps - du 11 au 25 avril 2016 . Lui emboîtant le pas, le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, juge lui aussi les vacances "bien trop longues" et "pas justifiées". "J'ai posé plusieurs fois la question, dit-il. On m'a dit que 'c'était comme ça'. Je le regrette mais moi j'ai assez de boulot à l'Assemblée pour y venir tous les jours."

"Ce ne sont pas des vacances"

Pour un peu, on accuserait les parlementaires de se dorer la pilule. Un peu agacés, les intéressés répondent pourtant avec flegme. "Précisons les termes : ce ne sont pas des vacances mais une interruption de session parlementaire", rétorque Philippe Gosselin (LR, Manche), interrogé par metronews. A gauche, Razzy Hammadi (PS, Seine-Saint-Denis) explique poliment à RTL que "ces 15 jours vont être utiles. Si vous voulez, vous pouvez me suivre (...) Ce ne sont pas trop des vacances". Un député socialiste, plus sarcastique, répond à metronews : "Parfois, c'est la vacance du pouvoir exécutif qui étonne les députés".

Mais que font donc les parlementaires pendant les congés scolaires ? "On prend deux ou trois jours pour recharger les batteries, je n'ai pas honte de le dire", explique Philippe Gosselin. "Le reste du temps, cette interruption me permet de travailler sur le fond des dossiers, avec moins de pression. En ce moment, pour moi, c'est la 'Justice du 21e siècle', la réforme lancée par Christiane Taubira. Ce temps permet aussi d'absorber les retards et de recevoir les gens plus longtemps à ma permanence parlementaire, en circonscription".

"Cinq jours en famille"

"Ce n'est pas parce que nous ne siégeons pas à Paris que nous ne travaillons pas", s'insurge aussi le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne (LR, Yonne). Ce dernier va s'accorder "cinq jours en famille avec ses enfants". Mais le reste du temps, "je conduis les auditions au Sénat sur la loi El Khomri" (dont il est co-rapporteur, ndlr). Sans oublier la préparation du conseil municipal de Vallery, dont il est maire. "Nous avons besoin de nous nourrir du terrain", dit-il. Du reste, le Parlement ne reste pas totalement vide. Cette semaine, par exemple, la commission des finances de l'Assemblée nationale conduira plusieurs auditions, dont celle d'Emmanuel Macron.

Du coup, les parlementaires renvoient la balle au gouvernement, qui "connaissait l'ordre du jour depuis le mois de septembre". "Après quatre ans de mandature, le gouvernement doit pouvoir s'organiser", suggère Philippe Gosselin. Il faut dire que, outre les interminables débats (imprévus) de l'hiver sur la réforme ratée de la déchéance de nationalité , la tempête contre la loi Travail a décalé les débats de quinze jours. Jean-Baptiste Lemoyne, quant à lui, l'assure : "depuis la réforme Séguin, il y a 20 ans, les parlementaires siègent beaucoup plus qu'avant. Presque trop : ça participe à l'embolie législative". "On est à marche forcée depuis le début du quinquennat", tempête aussi Alexis Bachelay (PS, Hauts-de-Seine). "Le calendrier parlementaire est infernal. Mieux vaudrait avoir moins de textes, mieux ficelés et mieux concertés." Ça, c'est un message pour François Hollande.

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