Les zigzags de Nicolas Sarkozy sur le droit du sol

Politique

CHANGEMENT D'AVIS – Dans les colonnes du Figaro, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy est revenu sur ses propos de début d'année sur le droit du sol, et a réaffirmé son attachement à ce principe... tout en proposant quelques "évolutions".

Nicolas est-il pour ou contre le droit du sol ? Alors que la plupart des ténors du parti Les Républicains, d’Alain Juppé à François Fillon ou encore Bruno Le Maire ont une ligne claire sur ce point, et sont opposés à sa remise en cause, Nicolas Sarkozy valse avec le sujet. La semaine dernière, à quelques jours d’une réunion qui doit se tenir mercredi, rue de Vaugirard, sur l’immigration, l’ancien chef de l’État a opéré un curieux revirement-fléchissement dans les colonnes du Figaro.

Nicolas Sarkozy et le droit du sol, c’est en effet une histoire compliquée de "je t’aime, moi non plus". En 2012, celui qui était candidat à l’élection présidentielle défendait le principe pendant l’entre-deux tours comme le rappelle le Huffington Post (vidéo ci-dessous) : "Je suis pour le droit du sol. Le droit du sol fait partie de la tradition française". Une défense qui a flanché en juin 2015, lorsque Nicolas Sarkozy s’est dit prêt à remettre en cause ce droit rapporte lemonde.fr .

Un revirement incomplet

Une position qu’il ne gardera cependant pas bien longtemps. Le 10 septembre dernier, Nicolas Sarkozy assure qu’il se refuse à supprimer le droit du sol, contrairement à Marine Le Pen , la présidente du Front national. "Le risque est grand d'ouvrir un débat idéologique qui retardera encore l'adoption d'une nouvelle politique d'immigration adaptée à la situation. Le droit du sol est une tradition française, appartenant à l'identité française", explique-t-il dans Le Figaro , soit une reprise de ses mots employés en 2012. Mais si Nicolas Sarkozy a renoncé au débat sur la suppression du droit du sol, et tend à se rapprocher de la ligne de ses principaux concurrents, potentiels ou annoncés, à la primaire 2016, il n’embrasse pas pleinement le droit qu’il défendait jadis.

Dans Le Figaro, il s’interroge en effet sur une "évolution" du droit du sol, évolution "qui garantirait la présomption de nationalité pour un enfant né sur le territoire national, mais qui permettrait à l'État de s'opposer à cette acquisition". Et de lister des cas où l’État pourrait mettre son veto : des parents en situation irrégulière au moment de la naissance, si l’enfant commet des actes de terrorisme ou de délinquances, etc. L’acquisition de la nationalité ne serait donc plus automatique, mais soumise à de nombreuses exceptions. Un point de vue un brin équilibriste qui lui permet de se différencier de la position du Front national, tout autant que de celle des ténors des Républicains.

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