L'étonnante volte-face de Gérald Darmanin, qui rallie Nicolas Sarkozy

Politique

LES REPUBLICAINS - Le maire de Tourcoing vient d'annoncer son soutien à Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite, en vue de l'élection présidentielle de 2017. Celui qui avait eu des mots très durs envers l'ex chef de l'Etat assure, aujourd'hui, qu'il sera en mesure "d'influencer" Nicolas Sarkozy, notamment sur l'islam.

En janvier dernier, Gérald Darmanin avait quitté la direction du parti avec fracas. "Les débats identitaires sont nauséabonds", s'était expliqué le maire de Tourcoing (Nord). Dans son viseur, notamment, les tenants d'une ligne dure, comme Eric Ciotti ou Laurent Wauquiez. Sept mois plus tard, le bras droit de Xavier Bertrand fait volte-face : dans une interview au Figaro, samedi, le jeune élu annonce son ralliement à l'équipe au patron de LR, dont il pourrait diriger la campagne.

A l'en croire, se justifie Gérald Darmanin ce dimanche auprès de  Libération , Nicolas Sarkozy l'aurait entendu. Celui qui souhaite incarner la ligne "sociale" du candidat s'estime "modestement" en mesure "d'influencer" Nicolas Sarkozy, notamment sur l'islam. "C’est quelqu’un qui écoute les autres : si un raisonnement lui paraît intelligent, il est tout à fait capable de changer d’avis", jure Gérald Darmanin, qui prône notamment d'en finir avec la "laïcité punitive".

Convaincu par le soutien de Baroin

Mais comme le rappelle Libération, Nicolas Sarkozy ne semble pas franchement avoir l'intention de varier d'un iota. Dans son dernier entretien avec Valeurs Actuelles , il avait même réaffirmé très clairement ses positions, tant sur les menus scolaires que sur la lutte contre le port du voile.

Au Figaro , le maire de Tourcoing explique que c'est le soutien de François Baroin qui l'a définitivement convaincu. "Il faut marcher sur deux jambes. L'identité et la sécurité sont évidemment des questions essentielles, et le contexte dramatique dans lequel nous vivons nous le rappelle, mais la droite doit aussi être sociale, de proximité et répondre aux aspirations populaires, ce qu'elle ne faisait pas forcément il y a quelques mois", plaide-t-il, dans les colonnes du quotidien national.

Grincements de dents

Ce ralliement n'a pas manqué de faire grincer des dents, au sein de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy. "Il ne faut pas qu'on donne le sentiment de reproduire les erreurs du passé : acheter les traîtres à coup de su-sucre et récompenser ceux qui ont le plus tapé sur Sarkozy", fulmine un proche du président du parti, interrogé par Le Point .

En début d'année, le vice-président de la région Hauts-de-France avait eu des mots très durs envers Nicolas Sarkozy et ses lieutenants. "Les gens en ont marre de la politique comme avant. Il faut qu'il change d'entourage et de méthode", avait-il lancé, en claquant la porte de la direction du parti. Auprès du Figaro, ce samedi, Gérald Darmanin, reconnaît avoir eu "des divergences" mais affirme que "ce qu’il y a de bien avec Nicolas Sarkozy, c’est qu’il n’est pas susceptible". 

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