"Parisien rentre chez toi": Alain Juppé a déposé plainte, les tensions s'accentuent à Bordeaux

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GROGNE - Les graffitis "anti-nouveaux arrivants" et autres messages hostiles qui surgissent dans certains quartiers de la capitale girondine ont incité la municipalité à saisir la justice. La grogne des Bordelais monte depuis juillet et l'ouverture de la nouvelle LGV, qui relie en deux heures la capitale à celle que l'on surnommait jusqu'alors "la Belle endormie".

Dans un tweet daté de mercredi matin, Alain Juppé soulignait son intention de saisir la justice. C'est désormais chose faite. Après les graffitis et affichages hostiles aux Parisiens recensés ces derniers jours dans plusieurs quartiers de Bordeaux, la municipalité a porté plainte. Mercredi, dans la soirée, le maire de la capitale girondine est allé rassurer des commerçants visés par les tags et fraîchement installés à Saint Michel, un quartier populaire récemment rénové. "C'est stupide (...) c'est nul" et "il n'est pas question de laisser se constituer dans Bordeaux des espaces de non-droit", a déclaré devant la presse Alain Juppé confirmant qu'il avait saisi la justice pour lui demander de "sanctionner les personnes coupables de tels agissements". 

"J'ai bien conscience que c'est aussi un mouvement politicien", "c'est d'après la préfecture l'ultra-gauche qui est à la manoeuvre", a-t-il souligné, évoquant un "tout petit groupuscule". Le maire de la capitale girondine, à deux heures de Paris depuis l'entrée en service de la ligne LGV début juillet, réagissait à plusieurs articles de presse faisant état de la présence dans la métropole d'autocollants représentant un TGV et sur lesquels on peut lire "Parisien rentre chez toi". Dans le quartier populaire et récemment rénové de Saint-Michel, dans le centre historique, plusieurs tags ont été revendiqués par un collectif se présentant comme "anti-bobo".

La grogne monte

Entre graffitis "anti-riches" et messages hostiles en tout genre, la querelle s'est envenimée ces derniers jours à Bordeaux. Mercredi, l'opposition municipale a embrayé : "Alain Juppé n'a pas eu de politique foncière permettant de réduire l'augmentation des prix, ce qui réduit beaucoup l'attractivité de la ville", a tweeté l'ex-ministre et ancienne député (PS) Michèle Delaunay. 


Bordeaux est la ville où le m2 a le plus augmenté en 2016, + 15% sur un an, et +23% sur cinq ans, selon le baromètre immobilier des notaires. Comme d'autres grandes villes avant elle, Bordeaux (250.000 habitants, 760.000 pour la métropole) connaît depuis deux à trois ans des problèmes de logement. Le syndicat étudiant Unef a d'ailleurs lancé mercredi un "appel à la solidarité" des propriétaires et habitants pour aider près d'un millier d'étudiants sans hébergement plus d'un mois après la rentrée. "En trois ans, il y a eu une accélération du phénomène Airbnb, rendant la situation très urgente et très violente pour les étudiants", déplore auprès de l'AFP Elisa Révillon, vice-présidente de l'Unef. Selon l'"Observatoire Airbnb" à Bordeaux, lancé en 2016 par le chef de file des élus PS au conseil municipal, Matthieu Rouveyre, le nombre d'offres sur les sites de location saisonnière a explosé ces derniers mois (+62% entre mars et septembre), avec plus de 10.000 biens proposés.


Autre mécontentement, les engorgements routiers récurrents dans la métropole, troisième agglomération de France la plus congestionnée, après Marseille et Paris, selon le baromètre annuel TomTom Traffic Index. 

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