Libération de Sophie Pétronin : les quatre ans de combat de son fils Sébastien

Libération de Sophie Pétronin : les quatre ans de combat de son fils Sébastien

COMBAT - Il n'a jamais renoncé. Depuis le jour de l'enlèvement de Sophie Pétronin en décembre 2016, Sébastien Chadaud a mené un combat sans relâche. Récit.

C'est la fin d'un combat sans relâche qui aura duré quatre ans. Sébastien Chadaud, le fils de Sophie Pétronin, est de nouveau au Mali. Mais cette fois, les nouvelles sont bonnes. La dernière otage française a été libérée ce jeudi par le groupe djihadiste qui la détenait depuis 2016.  Sa libération a été confirmée par l'Elysée ce jeudi soir. Ces quatre années de détention de Sophie Pétronin sont aussi les quatre années d'obstination, de courage et de ténacité d'un fils qui, jusqu'à ce jour, a multiplié les déplacements sur place sans craindre, parfois, de heurter les autorités, en France ou au Mali. 

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La libération de Sophie Pétronin

"Ils ont pris la décision de ne pas intervenir, c'est clair, le gouvernement a abandonné ma mère", s'était-il insurgé sur France Bleu Drôme-Ardèche fin décembre 2017, un an après l'enlèvement survenu la veille de Noël à Gao, où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance. "Aucune tentative de rapprochement ou de dialogue avec les ravisseurs n'a été réalisée", avait-il déclaré, précisant avoir  "dépassé le stade de la colère" et être "dans l'action". Après un premier voyage fin novembre 2017 avec du personnel du Quai d'Orsay, il avait alors annoncé "repartir bientôt". Et de lancer : "Je ne peux pas enlever à ma mère le seul espoir de s'en sortir, même s'il est très faible".

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"Ca va mal, ça va de plus en plus mal"

Un an plus tard, en novembre 2018, il avait de nouveau pris publiquement la parole après la diffusion par les ravisseurs d'un nouveau message alarmant faisant état d'une santé très dégradée de l'otage. "Ça sent la fin, ça sent le sapin. On est lucide", estimait à l'époque le fils de l'otage français jugeant que "ce qui est dit est extrêmement préoccupant" et que "ça va mal, ça va de plus en plus mal".

Diffusée par JNIM, un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, la vidéo en question ne délivrait aucune preuve de vie de l'otage et ne montrait aucune image d'elle, si ce n'est une photo. "C'est uniquement un message des gens qui la détiennent, on la voit en photo, elle est sur fond d'écran, et elle est alitée", précisait-il disant être en relation avec le quai d'Orsay. De nouveau au Sahel quelques jours plus tard pour tenter d'obtenir la libération de sa mère , il avait demandé à Emmanuel Macron de clarifier sa position. "S’il y a refus de négociations, je pense qu’il est temps maintenant de l’acter", avait-il lancé.

"Si on fait les morts, c'est elle qui va mourir"

Fin mai 2019, alors qu'Abou Obeida Youssef Al-Aanabi, cadre dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, semblait se montrer disposé à "négocier le sort" de Sophie Pétronin, le fils de l'humanitaire s'était montré partagé. "C'est plutôt une bonne nouvelle que ces gens veuillent s'asseoir à la table des négociations, c'est bon signe", a-t-il entamé, avant de relativiser aussitôt : "Je reste perplexe : Paris a toujours refusé net le principe d'une négociation".

Une position  qu'il reprochait alors à l'Elysée. Et si le Palais a toujours assuré suivre "le dossier de très près", Sébastien Chadaud  déplorait que ses appels auprès de l'administration française restent sans suite dans une course contre la montre. "On sait que la santé de ma mère est très mauvaise. [...] Ce qui est préoccupant, c'est que la dernière annonce [d'Aqmi] est arrivée quand elle allait très mal", expliquait-il il y a encore quelques mois. "Si on fait les morts, c'est elle qui va mourir".  

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