"Liberté d'importuner" : "des choses intéressantes" mais aussi "profondément choquantes", pour Schiappa

"Liberté d'importuner" : "des choses intéressantes" mais aussi "profondément choquantes", pour Schiappa

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RÉACTION - La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les Femmes et les hommes a réagi à la tribune publiée par Le Monde, en défense de "la liberté des hommes à importuner" les femmes. Pour livrer un avis mitigé sur l'ensemble du texte.

La tribune signée dans Le Monde par une centaine de personnalités féminines dont Catherine Deneuve, Elisabeth Lévy et Sophie de Menthon, pour défendre "la liberté [des hommes à] importuner" les femmes, continue à faire réagir. Après un collectif de militantes féministes sur France Info ce mercredi matin, puis Laurence Rossignol (sénatrice de l'Oise et ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille et des Personnes âgées) qui, au micro de France Inter, s'est demandée ce que Catherine Deneuve "était venue faire dans cette galère", c'est sa successeure, Marlène Schiappa, qui a réagi à la polémique, sur France Culture.

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Il faut rappeler le droit : frotter dans le métro, c'est une agression sexuelleMarlène Schiappa

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes a ainsi jugé que la tribune comportait des "choses profondément choquantes voires fausses". Aux auteures de la tribune qui relativisent les agressions sexuelles dans les transports en commun en rappelant qu'une femme victime d'un "frotteur dans le métro" pouvait tout à fait ne pas "se sentir traumatisée", Marlène Schiappa réplique : "Je suis là pour rappeler ce qu'est le droit [...] Frotter un sexe d'homme contre une femme dans le métro, sans son [consentement], c'est une agression sexuelle, passible de 3 ans de prison et 75.000 euros d'amende." Et l'ancienne maire adjointe du Mans de regretter la propagation de ce type de paroles, alors qu'"on a du mal à dire aux jeunes filles qu'elles n'ont pas à éprouver de la honte ni à se sentir coupable".

Marlène Schiappa ne s'arrête pas là, revenant sur la part de "fantasme" présente dans le texte, quand ses auteures dénoncent une "justice expéditive" qui a sanctionné des hommes "dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, etc. alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou". "C'est faux, répond-elle. Ou alors, s'il y en a un, qu'on me le présente !", répond la secrétaire d'Etat. Reste que Michael Fallon, alors ministre britannique de Défense, a toutefois été contraint à la démission début novembre 2017, après qu'une journaliste l'avait accusé d'avoir posé sa main sur son genou.

La ministre avait toutefois commencé à réagir sur le sujet en délivrant un bon point à la tribune, jugeant "intéressantes" les réflexions pour "savoir si on doit se sentir victime et être traumatisée après un viol ou une agression sexuelle". Là où le texte regrette que #BalanceTonPorc et #MeToo aient assigné les femmes "à un statut d'éternelles victimes [...] sous l'emprise de phallocrates démons", - "une question posée dans "Baise-moi" de Virginie Despentes" - Marlène Schiappa y voit "le débat qui opposait Christine Angot et Sandrine Rousseau : est-ce qu'on est victime et qu'on le revendique, ou est-ce qu'on ne veut pas être assignée à ça." Un débat "sémantique et intime, qui porte sur le ressenti chaque femme. Personne ne peut dicter à une autre femme son ressenti". Dans un sens comme dans l'autre.

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