L'idée d'une écotaxe régionale relancée... mais difficile à concrétiser

Politique
FISCALITE – Le maire de Boulogne-sur-Mer et ancien secrétaire d'Etat aux transports veut ressusciter localement la très controversée écotaxe, dans la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Une résurrection qui poserait toutefois de nombreux problèmes.

Chassée par la porte, elle revient par la fenêtre. Ce lundi Frédéric Cuvillier, maire PS de Boulogne-sur-Mer et ancien ministre des Transports, a jeté un petit pavé dans la très calme mare politique estivale, en se prononçant pour la mise en place d’une écotaxe régionale dans la future grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Une proposition évoquée dans les colonnes des Echos puis à l’antenne d’ Europe 1 ... mais qui doit déjà faire face à de nombreux écueils.

Car l’écotaxe, le gouvernement n’en veut plus, du moins sur l’ensemble du territoire. Le dispositif de taxation des camions circulant sur des routes non payantes, voté en 2009 lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, a depuis fait pschitt. Face à la grogne de nombreux acteurs – les chauffeurs de poids lourds, mais aussi les bonnets rouges bretons – la mise en place du projet avait été suspendue en 2013 avant d’être abandonnée fin 2014.

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L'écotaxe régionale, une "bonne idée" assurait l'an dernier Ségolène Royal

Quelques mois après avoir annoncé la suspension, puis l’abandon, de l’écotaxe, Ségolène Royal, pourtant farouchement opposée à ce projet, avait cependant qualifié de "bonne idée" une taxe imposée par les régions aux poids lourds en transit, comme le rapportait lefigaro.fr en juin dernier. Ce que semble également vouloir faire Frédéric Cuvillier. "Ce sujet est particulièrement pertinent dans notre territoire qui subit un fort transit de camions du fait de la proximité de l'Angleterre et de la Belgique, explique Frédéric Cuvillier. Nous devons bénéficier de ces circulations internationales et non pas subir uniquement la pollution qui en résulte".

Mais la mise en place d'une écotaxe régionale se heurterait à plusieurs obstacles. Financier, d'une part : en juin dernier, Ségolène Royal expliquait que si elle se met en place, "il faudra que les élus régionaux assument leurs responsabilités, y compris financières". Comprenez : l’entretien des portiques ou encore la collecte de la taxe seront à leur charge. D’autre part, cet impôt ne pourra pas faire de distinguo entre camions français et étrangers, comme l’avait évoqué l’an dernier Ségolène Royal, souligne L’Express . Lorsque cette idée était parvenue aux oreilles d’Helen Kearns, la porte-parole du commissaire européen chargé des Transports, celle-ci avait en effet sèchement précisé qu'il était impossible de "mettre en place un système discriminatoire entre Français et étrangers, c'est un principe de base pour les camions comme pour les voitures". Or, pas sûr que les routiers français veuillent mettre la main à la poche, ni que le gouvernement veuille affronter une nouvelle grogne à l'approche des élections régionales.

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