Lien avec les Français, réformes, élections européennes : Macron s'explique... mais ne changera pas de politique

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La présidence Macron

RECONQUÊTE - En marge de son déplacement aux Antilles, Emmanuel Macron s’est confié au JDD. S’il assure que sa politique ne changera pas, il semble disposé à redescendre de l’Olympe élyséen pour aller au contact des Français.

Démission de Nicolas Hulot, affaire Benalla, sondage au plus bas… La rentrée d’Emmanuel Macron est tout sauf un exemple de réussite. Alors pour reprendre la main, le président de la République, dont la parole publique est rare, a décidé de se livrer, à défaut de s’expliquer devant les Français.

En se confiant longuement au JDD, le chef de l’État poursuit plusieurs objectifs. Le premier consiste à corriger l’image condescendante qu’il s’est forgée à travers une série de déclarations mal comprises, quand elles n’étaient pas malvenues. Les Français, il les aime et apprécie tout particulièrement leur contact, tient-il à faire savoir. "J’aime profondément être avec mes concitoyens, à portée de visage et d’embrassades ou d’explications. Passer du temps au milieu d’eux, les entendre expliquer leurs angoisses, leurs impatiences, c’est ce pourquoi je me suis engagé", explique-t-il dans le Journal du dimanche.

Quitte à ce que tout ne se passe pas forcément très bien, compte-tenu des frustrations et des déceptions nombreuses, en particulier dans les Antilles où il vient de passer quatre jours. "En cette rentrée, j’ai une volonté de retourner à un terrain qui peut être difficile, mais qui ne tolère aucune dérobade. Il faut aller au contact des gens. Cela veut aussi dire accepter leur colère, leur impatience, leur détresse". 

"En aucun cas je ne changerai de politique"

Pour redorer son blason, "Jupiter" souhaite miser sur des rencontres plus fréquentes avec ses concitoyens. Selon le JDD, il a demandé à ses équipes d’organiser davantage de "séquences de dialogue avec les populations" qu’il juge plus constructives que les bains de foule trop "superficiels" à ses yeux. Si Emmanuel Macron ressent le besoin de corriger son image, il assure en revanche que sa politique, elle, ne souffrira d’aucune inflexion. "En aucun cas je ne changerai de politique […] Le chantier des réformes à venir ne sera pas moins ambitieux que l’an passé".

Comme depuis le premier jour, il justifie sa soif de réformes par l’immobilisme de ses prédécesseurs, qu’une nouvelle fois il ne manque pas de tacler. "Je me suis engagé à procéder aux transformations que notre pays, depuis des décennies, avait évitées par le petit jeu du tic-tac de droite et de gauche ou par les lâchetés, petites ou grandes".

Il promet ainsi de "poursuivre la transformation en profondeur" du pays. Les chantiers sont connus : réforme de l’assurance chômage, des retraites, de la fonction publique, du secteur énergétique et de la mobilité, etc. Plus étonnant, il annonce "des décisions lourdes sur les religions et leur organisation", tout en prenant soin de ne pas citer explicitement l’islam.

Une liste LaREM la plus large possible pour les européennes

Autre objectif du président de la République, convaincre qu’il comprend l’agacement de l’opinion devant l’absence de résultats probants. "Nous avons demandé beaucoup d’efforts, ouvert beaucoup de chantiers, et parfois le quotidien de nos concitoyens n’a pas encore changé. Ça, j’en suis très conscient. Je voudrais qu’il change plus vite et je fais tout pour cela, mais les effets de beaucoup de réformes prennent du temps". Une impatience qu’il partage visiblement. "Quand je vois que les choses bloquent encore sur la réforme de l’État, je suis moi-même impatient, je veux que ça aille plus vite […]. Je sais que nos élus, nos fonctionnaires et avant tout nos concitoyens veulent plus de pragmatisme, de rapidité, d’efficacité. Moi aussi".

A quelques mois des élections européennes, Emmanuel Macron promet de s’engager personnellement dans le débat. "Je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre". Néanmoins, quel que soit les résultats, "ce scrutin n’aura aucun impact sur la politique que le gouvernement doit mener", précise-t-il dès à présent.

Enfin, sans rentrer véritablement dans le cœur du sujet, il évoque à mots couverts l’affaire Benalla. "Je suis exigeant avec moi-même et les gens qui m’entourent. Je ne suis pas parfait, personne n’est parfait. Qu’il y ait des choses qui ne soient pas bien faites, c’est donc normal. Il faut les corriger. Mais il faut aussi éviter de perdre collectivement du temps à parler de sujets qui sont accessoires. On doit juger sur sa capacité à répondre aux problèmes quotidiens des Français et tenir le cap historique pour notre pays".

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