Limitation du Roundup : le coup de com’ de Ségolène Royal

Politique

COMMUNICATION - Toujours prête à monter au front médiatique, Ségolène Royal enchaîne, depuis dimanche, les prises de parole contre le Roundup de la firme Monsanto, dont elle veut limiter la vente aux particuliers. Une opération surtout politique. Explications.

Le Roundup, l’herbicide préféré des jardiniers, est dans le collimateur de la ministre de l’Écologie. Ségolène Royal veut interdire, dès le 1er janvier 2016, la vente en libre-service aux particuliers de certains produits désherbants, dont le très critiqué Roundup de Monsanto. Une annonce faite dimanche, sur le plateau de France 3 , qu’elle a répété ce mardi lors d’un déplacement dans une jardinerie francilienne, sous l’œil des caméras, après une passe d’armes avec la firme américaine.

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Depuis deux jours, Ségolène Royal multiplie donc les prises de parole sur le Roundup et son principe actif, le glyphosate, considéré en mars dernier comme cancérogène "probable chez l’homme" par le Centre international de recherche sur le cancer, même si les "preuves sont limitées".

Un usage dans les jardins minoritaires

Il faut dire que le sujet intéresse autant les opposants à la firme américaine, symbole, pour beaucoup, de la culture OGM dans le monde, que ceux désireux de vivre dans un environnement sans pesticide. Et Ségolène Royal l’a bien compris. La ministre a donc débuté une séquence de communication grand public, reprise en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux -  elle s’est même fendue d’un tweet qui s’adresse avant tout aux jardiniers "du dimanche". Mais l'opération a ses limites.

En effet, l’utilisation du Roundup en jardin "représente moins de 10 % des usages", assure à metronews la firme Monsanto. Un aspect sur lequel embraye depuis lundi l’association Greenpeace, qui pointe l’usage de l’herbicide fait par les agriculteurs... et ignoré par le gouvernement. "L'annonce concerne exclusivement l’usage des pesticides par les jardiniers amateurs, soit moins de 5% des usages en France, peste l’association, dans un communiqué . Le gouvernement ignore les usages agricoles alors qu’ils représentent l’usage ultra majoritaire des pesticides en France. En faisant cela, [il] renonce à s’attaquer au cœur du problème". Sans compter que le Roundup ne disparaîtra pas des magasins, comme la formulation de la ministre pourrait le laisser penser, mais que sa mise à disposition du public sera mieux encadrée - le désherbant sera disponible au comptoir et non plus dans des allées.

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Autant de nuances qui n'empêchent pas Ségolène Royal de faire entendre sa petite musique. Et même de jouer sa partition en solo. Jeudi dernier, la ministre et son collègue de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, annonçaient dans un communiqué commun que l’accès aux produits phytosanitaires "par l’intermédiaire d’un vendeur certifié" n'interviendrait qu'au 1er janvier 2018. Un changement de calendrier qui en a étonné plus d'un. "On a découvert ça comme vous avec les images à la télévision", nous confie-t-on sans détour au ministère de l'Ecologie, où le secret de ce nouveau "coup" signé Ségolène Royal était visiblement bien gardé.

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