L'invitation de Montebourg à Varoufakis exaspère le PS

Politique
FETE DE LA ROSE - Arnaud Montebourg a convié à sa traditionnelle "Fête de la Rose", qu'il organise chaque année à la fin de l'été, l'ex-ministre grec des Finances, qui critique régulièrement les politiques d'austérité européennes. Un choix qui n'est pas du goût du PS.

C'est l'évènement politique de ce week-end. Arnaud Montebourg, l'ex-ministre du Redressement productif reconverti en vice-président du conseil de Surveillance d’Habitat, a invité à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse rien moins que Yanis Varoufakis, l'ancien ministre des Finances grec. Varoufakis, qui a démissionné au lendemain du référendum sur l'aide européenne début juillet, devrait sans surprise profiter de l'occasion pour critiquer la politique du "tout austérité" imposée par les instances européennes, qui n'a selon lui conduit à rien d'autre qu'à plonger un peu plus la Grèce dans la crise.

A gauche, on ne cache plus son agacement face au comportement d'Arnaud Montebourg. Depuis qu'il a annoncé qu'il se mettait en retrait de la politique pour se consacrer au privé, l'ancien locataire de Bercy n'a en effet pas laissé passer une occasion de critiquer l'exécutif. Dernier exemple en date, début juin, en plein congrès de Poitiers, il avait publié une tribune dans le Journal du Dimanche accusant la gauche d'envoyer la France "droit vers le désastre". Dans ce contexte, l'invitation de Varoufakis est perçue comme une nouvelle provocation, destinée à fragiliser le gouvernement au moment où il tente de réduire son déficit budgétaire.

"Il n'y a pas d'avenir à être le turlupin de la gauche"

Mercredi matin, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, a ainsi regretté que l'ex-ministre du Redressement productif fasse cavalier seul au lieu de défendre le gouvernement. "Il n'y a pas d'avenir à être le turlupin de la gauche, son Cassandre, à chercher par tous les moyens à la mettre en cause. Nous avons besoin de lui (…) ; je lui tends la main", déclare-t-il dans un entretien à Paris-Match. Un gouvernement dont il a lui-même fait partie, rappelle d'ailleurs le sénateur PS de la Drôme, Didier Guillaume. Fin juillet, il reprochait à Arnaud Montebourg de "cracher dans la soupe" : "(lui et Aurélie Filippetti) ont été choisis à un moment par le chef de l'Etat pour être membres d'un gouvernement, donc aujourd'hui un peu de retenue".

Cet avis est également partagé par Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et la Recherche. Longtemps proche d'Arnaud Montebourg, il lui reproche aujourd'hui de chercher avant tout à "faire du bruit" en s'affichant avec Varoufakis : "C'est fait pour ça", a-t-il regretté mercredi matin sur iTélé, ajoutant qu'"il est fidèle à ce qu'il pense, c'est-à-dire une position de plus en plus critique." Mandon assure d'ailleurs qu'il ne veut plus entendre parler de son ancien ami, avec qui il a coupé les ponts : "Je ne lui ai plus parlé depuis des mois", précise-t-il, estimant que Montebourg a "tiré un trait sur le PS".

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