Loi alimentation : "Nous n'aurons pas une flambée des prix" assure Stéphane Travert

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POUVOIR D'ACHAT - Invité dimanche sur le plateau du "Grand Jury" pour RTL, Le Figaro et LCI, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a tenté de répondre aux inquiétudes des associations de consommateurs quant à leur pouvoir d'achat dans le cadre du projet de loi alimentation, qui prévoit de sévèrement diminuer la portée des promotions en magasins.

La loi alimentation va-t-elle baisser le pouvoir d'achat des consommateurs ? C'est une des épineuses questions qui entourent le projet de loi présenté le 31 janvier dernier en conseil des ministres par Stéphane Travert. Avec pour ambition affichée d'améliorer le sort des agriculteurs, ce texte issu des Etats généraux de l'alimentation prévoit notamment de relever le seuil de revente à perte et de limiter l'ampleur des promotions. Très concrètement, il ne sera plus possible pour les magasins de vendre des produits en-dessous de leur prix d'achat.


Seulement voilà, une étude UFC-Que Choisir, commandée par le gouvernement et rendue publique le 5 février, prévoit dans le cadre de cette loi une hausse sensible des prix pour les consommateurs, de l'ordre de 2% sur l'alimentaire. Invité sur le plateau du Grand Jury pour RTL, Le Figaro et LCI ce dimanche 25 février, Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, a tenté de défendre son projet législatif. 

Des marges lissées

"Tout cela est faux. Ce n'est pas ce que nous souhaitons faire" assure-t-il d'abord en réaction aux alertes de l'UFC-Que Choisir. Avant de dérouler les grands axes de la loi alimentation : "Demain, c'est l'agriculteur qui va proposer le contrat au transformateur ou au distributeur à partir de ses coûts de revient, donc il ne pourra plus vendre à perte. (...) Et puis, il y a des mécanismes que nous allons mettre en place : le seuil de revente à perte. C'est quoi ? C'est desserrer l'étau dans lequel les produits agricoles étaient enfermés depuis trop longtemps."

Et le ministre de prendre l'exemple du Nutella, dont les promotions-monstres ont récemment créé des émeutes dans les magasins de plusieurs régions : "Vous avez la grande distribution qui fait des promos énormes sur de la pâte à tartiner et donc qui ne fait pas de marge. Elle fait ses marges sur des produits agricoles qu'elle a achetés à des prix très bas qui ne rémunèrent pas l'agriculteur. Aujourd'hui, nous souhaitons (...) faire en sorte que l'agriculteur soit payé le juste prix pour sa production mais ensuite faire en sorte que l'ensemble des marges soit lissé, pour permettre d'avoir un panier moyen qui ne soit pas en augmentation."

Nous n'aurons pas une flambée des prix"Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture

Un panier moyen "pas en augmentation". Concrètement, donc, cela signifierait-il que les consommateurs n'auraient pas à débourser un centime de plus dans le cadre de cette nouvelle loi ? Pas forcément, si l'on en croit le ministre qui se fonde sur deux situations : "D'abord, il y a des Français qui nous disent qu'ils sont prêts, aussi, à payer un petit peu plus cher (...) pour un produit local, de qualité. Et en même temps, parce que nous avons le soucis constant dans ce gouvernement du pouvoir d'achat, bien évidemment que non, nous n'aurons pas une flambée des prix."


Reste que les promotions du type "un produit acheté, un gratuit" devraient bel et bien disparaître dans le domaine alimentaire : Stéphane Travert lui-même l'a confirmé ce dimanche matin sur le plateau du Grand Jury. Difficile, dans ces conditions, de connaître l'impact exact de la réforme sur le portefeuille des Français. En tout état de cause, la disparition de ces importantes promotions en grandes surfaces n'apparaît pas pour le ministre, ancien frondeur du PS, comme un frein au pouvoir d'achat. Une assertion mise à l'épreuve à la fin du premier semestre 2018 si le projet de loi est adopté.

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