Loi séparatisme : Gérald Darmanin accuse LFI d'être "lié à l'islamo-gauchisme"

Gérald Darmanin, le 6 octobre 2020 à l'Assemblée nationale.

PASSE D'ARMES - Le débat sur le futur projet de loi contre le séparatisme a donné lieu à un échange vif entre le ministre de l'Intérieur et le député LFI Alexis Corbière. Une altercation qui précédait une entrevue entre Gérald Darmanin et Jean-Luc Mélenchon au sujet de ce texte.

Le futur projet de loi sur le séparatisme a donné lieu à son premier affrontement à l'Assemblée nationale, mardi 6 octobre. Alors que le texte visant à renforcer la laïcité doit être présenté le 9 décembre en conseil des ministres puis discuté au Parlement au premier semestre 2021, il a été l'occasion d'un échange particulièrement vif entre Alexis Corbière et Gérald Darmanin. 

Lors des questions au gouvernement, le député LFI de Seine-Saint-Denis a interpellé le ministre de l'Intérieur au sujet de ce texte, dont les grandes lignes ont été détaillées vendredi 2 octobre par Emmanuel Macron. "Il nous semble évident que vous voulez fabriquer un agenda médiatique où, durant des mois, vous répétez des mots qu'ensuite vous peinez à définir, tel le séparatisme", a-t-il lancé à la tribune. "Ainsi vous contournez les problèmes sociaux et sanitaires qui déchirent notre pays en saturant l'opinion d'une question obsessionnelle : l'islam, l'islam, l'islam."

Pour Alexis Corbière, la lutte contre l'islamisme peut être menée sans passer par une nouvelle loi. "Les lois actuelles", a-t-il expliqué, "permettent déjà de régler les problèmes soulevés par Emmanuel Macron vendredi dernier." "Vous pouvez déjà fermer les écoles clandestines", a-t-il ajouté en guise d'exemple. 

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"On gêne votre corps électoral"

Une interpellation qui a valu une réponse virulente du ministre de l'Intérieur, en première ligne dans la défense du projet de loi en préparation. "Je ne m'excuse pas qu'un parti comme le vôtre, qui a dénoncé pendant longtemps 'l'opium du peuple', soit désormais lié avec un islamo-gauchisme qui détruit la République", a lancé Gérald Darmanin, déclenchant la colère des députés insoumis, qui n'étaient pas visés pour la première fois par cette accusation.

"Ce que nous faisons", a-t-il poursuivi, "ce n'est pas seulement, manifestement, gêner quelques islamistes radicaux, mais quand j'entends vos propos et ceux de M. Mélenchon, je sens qu'on gêne aussi votre corps électoral". 

L'altercation au Palais Bourbon intervient à un moment particulièrement sensible, puisque Gérald Darmanin recevait le même jour les forces d'opposition pour les consulter précisément sur le contenu de la future loi. Après Marine Le Pen (RN) dans la matinée, le ministre de l'Intérieur devait recevoir Jean-Luc Mélenchon en fin d'après-midi. 

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