Loin du PS, Hamon veut donner un second souffle (et un nom) à son mouvement

Politique

REBOND - Benoît Hamon réunit ses partisans ce samedi en Sarthe où il doit notamment dévoiler le nouveau nom de son parti politique, dont il espère faire un "levier de la transformation de la gauche". Benoît Hamon sera dimanche l'invité du Grand Jury sur LCI.

Un nouveau nom, une direction provisoire, une charte fondatrice… Benoît Hamon lance ce samedi au Mans "l'étape 2" de son mouvement, avec l'ambition d'en faire un "levier de la transformation de la gauche" à l'heure où celle-ci apparaît de plus en plus émiettée. L'ex-candidat PS à la présidentielle, qui a créé son mouvement et annoncé son départ du PS le 1er juillet, doit réunir quelque 2000 partisans (parmi quelque 40.000 revendiqués) au Palais des Congrès de la préfecture de la Sarthe.

Une "coordination politique transitoire" d'une "trentaine" de membres sera présentée, selon le bras droit de Benoît Hamon, Guillaume Balas. Elle sera assistée d'un "conseil des adhérents" dont les représentants seront tirés au sort. Une "charte fondatrice" esquissant les grandes orientations politiques et les principes d'organisation du mouvement sera débattue et adoptée. Cette charte, qui sera amendée jusqu'à la veille de l'événement, se nourrit des plus de 28.000 réponses apportées à la consultation lancée fin octobre par le "M1717".

De nombreuses formations de gauche seront représentées

Des questions sont pour l'heure toujours en suspens : faut-il imposer une cotisation aux adhérents, alors que le parti ne dispose pour l'instant que de très maigres ressources ? Conserver un maillage départemental ? Désigner des délégués chargés de porter la parole des comités locaux au niveau national ?

Toutes les forces de gauche ont été invitées. La sénatrice écologiste Esther Benbassa et l'ancien député Noël Mamère seront ainsi présents, avec "quarante à cinquante membres d'EELV". Cécile Duflot est également annoncée. Le PCF sera représenté par le député Sébastien Jumel et Patrice Bessac. Le candidat à la tête du PS, le député Luc Carvounas, a lui aussi fait le déplacement. La France insoumise a envoyé le député Bastien Lachaud et l'ex-directeur de campagne de Jean-Luc Mélechon, Manuel Bompard. 

"Créer un levier de transformation de la gauche"

L’autre objectif de cette journée est de "structurer un mouvement puissant et novateur qui soit un levier de transformation de la gauche", explique Guillaume Balas. Interrogé lundi sur franceinfo, Benoît Hamon a clairement exprimé sa volonté de nouer des alliances "avec des communistes, avec Europe Ecologie-Les Verts, avec des socialistes, avec de la gauche citoyenne et solidaire". L’ancien socialiste et les siens font déjà cause commune avec EELV à la région Ile-de-France, où ils ont créé un groupe commun. 

Une démarche qui rejoint celle portée de longue date par le PCF. "On a des contacts réguliers avec Benoît Hamon et les militants de sa sensibilité politique depuis pas mal de temps. Il y a des convergences sur plusieurs sujets: la nécessité de construire les ripostes les plus rassembleuses face à la politique d'Emmanuel Macron, la transformation de la gauche, l'objectif d'une approche commune pour les européennes", souligne son porte-parole Olivier Dartigolles. Du côté d'EELV, l'éphémère candidat à la présidentielle Yannick Jadot, en froid avec Benoît Hamon depuis le 1er juillet, rappelle sa volonté de reconstruire "une dynamique forte d'écologie politique". Mais si les lignes portées par les deux hommes ne sont pas "identiques", elles sont "potentiellement convergentes", admet-il.

Un délicat rapprochement avec Mélenchon

Quant au chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, lui aussi fait mine de tendre la main à l’ex-député PS des Yvelines. "On réduit la fracture. Nous déjeunons, nous échangeons des analyses. Pour le moment, cela reste à un niveau individuel. Mais nous étions déjà ensemble le 23 septembre dans la rue, coude-à-coude, contre les ordonnances. Attendons que Benoît Hamon mette sur pied son mouvement. Mais cela avance", a-t-il dit au Parisien la semaine dernière.

 Au PS, la démarche de l'ancien ministre de l'Education est observée avec un certain scepticisme. Il "donne le sentiment d'avoir donné le meilleur de lui-même à la présidentielle. Est-ce qu'il peut donner plus? Certains en doutent", note un député PS pas foncièrement hostile. Un hiérarque se montre plus sévère, persuadé qu'aux européennes "Benoît Hamon va se suicider" et "prendre 1%".

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