Cinq ans après sa création, quel bilan pour La République en marche ?

Image d'illustration d'une affiche de campagne de La République en marche pour les élections européennes de 2019

ANNIVERSAIRE - Créé en avril 2016 pour porter – avec succès - la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, La République en marche a échoué depuis à s’imposer comme un vaste mouvement transversal et à s’implanter localement. Mais elle compte de nouveau mener le Président à la victoire en 2022.

La République en marche ne fêtera pas ses cinq ans en grande pompe, ce mardi 6 avril 2021. Cinq ans après la création du mouvement par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie de François Hollande, il se contentera d'un meeting virtuel sur le thème de l'engagement. LaREM veut éviter de tomber dans le nombrilisme ou la nostalgie et se projeter vers le futur. Pour ne pas avoir à affronter un bilan mitigé ?

Pourtant, tout était parti sur les chapeaux de roue. En 2017, Emmanuel Macron est élu président de la République et son mouvement réussit à remporter les élections législatives qui suivent et à installer 308 députés étiquetés LaREM à l'Assemblée nationale. Avec 23 millions d'euros, il devient le premier parti de France par sa fortune et revendique jusqu'à 420.000 adhérents.

Mais les élections qui suivent ne permettent pas au mouvement présidentiel de confirmer ses succès. Parce qu’il n’arrive pas à s’implanter territorialement via l’élection d’élus locaux. Sa déroute aux élections municipales de 2020 en est la preuve, tout comme l’appréhension du parti à l’approche des futures élections régionales et départementales. "Oui, on n’est pas ancré dans les territoires", reconnaît l’un de ses porte-parole le député Roland Lescure auprès de l'AFP. "Mais nous avons une capacité à porter les forces militantes, une dynamique et une agilité qu’on peut nous envier et qui peut nous permettre de survivre aux élections", ajoute-t-il, confiant pour 2022. 

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Un positionnement politique qui divise

La République en marche a également échoué à unifier une grande partie de la gauche et du centre et à devenir un grand mouvement transpartisan. "Lorsqu’on change de nom en passant d’En marche ! à La République en marche, c’était déjà pour devenir une grande plateforme de toute la majorité", rappelle l’un de ses cadres à l’AFP. "Mais le MoDem a refusé de se dissoudre…"

Pire, de nombreux cadres du parti comme Pierre Person ont quitté le navire et des dizaines d’élus ne se retrouvant pas dans la ligne du mouvement ont également déserté. Si bien que le groupe LaREM à l’Assemblée nationale ne dispose plus de la majorité absolue. Une quarantaine de parlementaires dits de l’aile gauche se sont éloignés, en désaccord sur des questions sociales, comme le RSA pour les moins de 25 ans, écologiques, ou sur la laïcité.

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Désormais, La République en marche souhaite mettre toutes ses forces dans la bataille pour 2022. Le mois dernier, une nouvelle structure "Pour une renaissance européenne" a été créée, promise à être imitée sur d’autres sujets. LaREM souhaite également que ses militants s'emparent de sujets sociétaux, et lancera ce mardi 6 avril la plateforme pourunecause.fr pour "faire de nos combats personnels des actions collectives", indique la page d'accueil du site internet. Toutefois, "le fait de créer une cause ne donne pas automatiquement la ligne politique du mouvement", a indiqué le délégué général LaREM Stanislas Guerini lors d'une conférence de presse.

Alors qu'en sera-t-il du programme présidentiel de 2022 ? LaREM servira-t-elle à y réfléchir et à l’élaborer ? A l’AFP, un ministre indique : "Tout le monde se fiche de ce que pense La République en marche. LaREM ça sert à distribuer des tracts. Tout le reste, les idées, c’est le président de la République qui le porte." "LaREM est un outil opérationnel et financier pour organiser le back-office d’une campagne", indique un marcheur historique à Politico. "Sur l’affiche en 2022 il sera écrit MACRON. Le reste…".

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