Quatre ministres, un Premier ministre... Mais pas de Président : pourquoi Emmanuel Macron ne se rend-il pas sur le site de Lubrizol ?

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L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

POLEMIQUE - Alors que le gouvernement est critiqué pour sa communication sur l'incendie de l'usine Lubrizol, des voix s'élèvent dans l'opposition pour demander au chef de l'Etat de se rendre sur place. Le chef de l'Etat "suit le sujet de près", répond l'exécutif, mais laisse ses ministres gérer les nombreuses questions posées par le sinistre.

Le gouvernement a-t-il sous-évalué les conséquences de l'incendie de l'usine Lubrizol ? Une semaine après le sinistre qui a frappé le site de Rouen, de nombreuses voix se sont élevées dans l'opposition pour critiquer un manque de transparence présumé de l'exécutif, des cafouillages de communication et un manque de réponse aux angoisses des habitants. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne ont notamment été interpellés, lors des questions au gouvernement, au sujet de la liste de produits présents dans l'usine, communiquée trop tardivement selon l'opposition.

Mercredi soir, le patron du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a visé plus particulièrement le chef de l'Etat, lui reprochant de ne pas avoir fait le déplacement sur le site. "Emmanuel Macron est partout, sauf à Rouen", a-t-il critiqué. Jeudi, le président du Sénat, Gérard Larcher officialisait l'ouverture d'une commission d'enquête sur LCI et suggérait peu ou prou la même chose. Si la décision "appartient" au chef de l'Etat, a-t-il déclaré, "à un moment, il faudra que le Président, qui a un peu tendance à l'hyperprésidentialisation, se préoccupe des conséquences de cette catastrophe industrielle". "La communication de l’exécutif a été chaotique. Elle a entraîné l'arrivée d'angoisses légitimes, d’interrogations légitimes", a-t-il aussi jugé.

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L'interview politique du 3 octobre 2019 : Gérard Larcher

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Le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin, a également estimé sur LCI que "la présence d’Emmanuel Macron

 à Rouen serait un geste utile pour assurer à la population que l’Etat sera là pour faire en sorte que l’ensemble des conséquences de cette catastrophe seront assumées autant que nécessaire".

Le gouvernement reste à la manoeuvre

Si la communication du gouvernement est jugée "chaotique", plusieurs ministres se sont succédé sur les lieux depuis le 26 septembre, jour de l'incendie de l'usine, mais aussi du décès de Jacques Chirac, qui a éclipsé le sinistre durant plusieurs heures. Le premier à s'y rendre, le 26 septembre : le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, pour soutenir les sapeurs-pompiers qui intervenaient sur le site. 

Le lendemain, le vendredi 27 septembre, Agnès Buzyn (Santé) et Elisabeth Borne (Transition écologique) étaient à leur tour sur place, pour tenter de rassurer une population particulièrement sceptique sur la situation sanitaire et environnementale. Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a rencontré les éleveurs le lundi 30, avant le déplacement d'Edouard Philippe. C'est le chef du gouvernement qui orchestre officiellement l'action du gouvernement dans ce dossier. "Je veillerai à l'exécution des des mesures prises pour les agriculteurs", déclarait-il ainsi au Sénat mercredi. "Je veillerai à ce que rien ne vienne exonérer les responsabilités de l'industriel", a-t-il également promis. 

Un pilotage manifestement insuffisant pour certains responsables de l'opposition. Pour l'heure, Emmanuel Macron n'a pas prévu de se rendre sur place. "Il laisse gérer les autorités locales, et les ministres gérer leurs déplacements" sur le site, a-t-on indiqué jeudi dans l'entourage du chef, sollicité par LCI. Toutefois, "le président de la République suit de près" le dossier, "avec un souci de transparence et de diligence", nous a-t-on assuré. Le chef de l'Etat "fait des points quotidiens avec le Premier ministre", avait déjà indiqué, mardi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à l'issue du conseil des ministres. 

L'agenda présidentiel restait donc le même en milieu de semaine. Après son déplacement mardi au Conseil de l'Europe, à Strasbourg, le conseil des ministres, mercredi, le chef de l'Etat est attendu jeudi soir à Rodez pour le débat sur la réforme des retraites, qui avait déjà été reporté la semaine dernière en raison du décès de Jacques Chirac. Il est attendu vendredi dans le Puy de Dôme. 

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