Lutte antiterroriste : ce qu'il faut savoir sur la "task force" contre Daech d'Emmanuel Macron

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ANTITERRORISME - Emmanuel Macron l'avait annoncé durant la campagne : il avait l'intention de mettre en place une "task force" pour une meilleure circulation des données entre les services du renseignement français. C'est désormais chose faite : LCI vous explique quelles seront les missions de cette cellule et qui en aura la charge.

C'était l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron : une "task force" antiterroriste rattachée à l'Elysée pour prendre des décisions dans la demi-heure. Elle prend forme au lendemain de l'agression d'un policier sur le parvis de Notre-Dame. Quelques éléments sur cette cellule ont en effet été communiqués par l'Elysée ce mercredi 7 juin, notamment au sujet de ses missions et de ses personnels. Voici ce que l'on sait de celle-ci : ses contours, ses missions et les hommes qui la composeront.

Pourquoi une "task force" ?

Pour une lutte antiterroriste plus efficace. Ce "centre national du contre-terrorisme" a été créé avec une idée : le partage d'informations et une meilleure coordination des services pour améliorer les réponses à la menace que constitue le terrorisme sur le sol français. Le raisonnement d'Emmanuel Macron est assez simple : le renseignement est un élément essentiel, mais ses services sont extrêmement sollicités. 


Selon lui, ils doivent faire l'objet d'un pilotage stratégique, d'où la création de ce centre national de contre-terrorisme. Pour le chef de l'Etat, il faut "décloisonner" les différents services de renseignement mais en aucun cas "créer un nouvelle couche" de décision, a précisé mercredi l'Elysée au cours d'un briefing devant la presse sur ce dossier. A noter qu'elle sera placée au sein de la "Coordination nationale du renseignement", une structure déjà existante.

Quelles seront ses missions ?

Elles seront nombreuses. En premier lieu, il s'agira de développer, analyser et évaluer afin d'actualiser à tout moment l'état de la menace. Le CNT devra également s'assurer que les services coopèrent véritablement et en concertation.  Il sera chargé du "pilotage stratégique des services de renseignement" pour notamment s'assurer de leur bonne coordination, mais "en aucun cas de leur direction opérationnelle", a souligné l'Elysée. 


Il devra aussi "proposer au président des plans d'action concertés sur l'action des services de renseignement" et "rendra compte chaque semaine au conseil de défense, où s'élabore la stratégie de lutte contre le terrorisme". 

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Emmanuel Macron : sa "task force" contre Daech

Qui seront les hommes-clés aux côtés d'Emmanuel Macron ?

Dans un premier temps, le CNT sera formé d'une vingtaine de personnes issues des différents services et ministères concernés. Il sera dirigé par Pierre de Bousquet de Florian, ex-numéro 1 de la DST. Dans la foulée de cette annonce de création, l'Elysée a aussi annoncé les deux hommes pressentis pour diriger le renseignement intérieur et extérieur. 


Pour la DGSI (Direction général de la sécurité intérieure), l'Elysée pense à Laurent Nunez, actuel préfet de police des Bouches-du-Rhône depuis 2015 et ancien énarque. Pour prendre la Direction générale des services extérieurs (DGSE), il devrait s'agir de Bernard Emié, un énarque né en 1958, en poste à l'ambassade d'Alger depuis 2014. Il a notamment été conseiller technique et diplomatique de Jacques Chirac à l'Elysée de 1995 à 1998. 

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