Lutte contre le terrorisme : droite-gauche, même combat ?

Politique

TERRORISME - Suite aux attentats de la semaine dernière, l'UMP fait assaut de propositions pour lutter contre le terrorisme. Mais peine à faire de nouvelles propositions, la plupart des idées de Nicolas Sarkozy rejoignant celles de Manuel Valls.

"Il y a des libertés qui peuvent être facilement abandonnées". Sans préciser sa pensée, l'ancien ministre UMP de l'Intérieur Claude Guéant a incarné d'une phrase, lundi matin, le débat sur la lutte contre le terrorisme que craint une partie de la gauche et souhaite une partie de la droite, suite aux événements dramatiques de la semaine dernière. Dès dimanche, la députée UMP Valérie Pécresse avait ainsi proposé la mise en place d'une loi d’exception, "Patriot Act à la française". Tout en mettant en garde contre ce type de procédure, Manuel Valls a promis de faire rapidement "un certain nombre de propositions", et d'y associer "pleinement l'opposition".

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Sur la même longueur d'ondes concernant la nécessité d'un travail "bipartisan", Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà avancé quelques idées lundi. "Priorité absolue", selon lui : l'adoption en Europe du programme américain "PNR" - un système de collecte des données fournies par les voyageurs aux compagnies aériennes - qui patine actuellement à Bruxelles. En revanche, le système est justement en place en France depuis le 1er janvier . Sur le volet de la politique pénale, le président de l'UMP plaide pour "l'encellulement individuel" des djihadistes. Là encore, il tombe d'accord avec Manuel Valls, qui a annoncé vouloir le "généraliser". Le député UMP Eric Ciotti propose d'aller plus loin, en créant des "centres de déradicalisation pour enfermer les terroristes".

L'immigration "complique les choses"

Autre idée lancée par l'UMP : empêcher le retour en France d es individus partis faire le djihad à l'étranger. Face à ce phénomène, le gouvernement a plutôt adopté, dans sa dernière loi sur le terrorisme (du 13 novembre dernier), des mesures pour les empêcher de partir, via une interdiction administrative de sortie du territoire. Le texte prévoit également la possibilité de supprimer les sites Internet faisant l'apologie du terrorisme. Reste à finaliser la publication des décrets d'application, que l'UMP réclame "en extrême urgence".

Au-delà de ces mesures qui font somme toute consensus, le clivage droite-gauche pourrait finalement réapparaître sur un autre terrain, abordé lundi par Nicolas Sarkozy en des termes assez flous : l'immigration. On ne peut "pas continuer comme ça", a-t-il estimé, considérant que si elle n'est "pas liée au terrorisme", elle "complique les choses" en générant difficultés d'intégration et communautarisme. Un propos qui fait écho à celui tenu dès jeudi par Florian Philippot, vice-président du FN : "C'est une évidence qu'il y a un lien entre l'immigration et la montée du fondamentalisme islamique". Oubliant que les frères Kouachi, tout comme Amedy Coulibaly, sont nés en France.

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