Lutte contre le terrorisme : l'unité nationale se fissure

Politique

POLITIQUE - L'esprit d'unité qui régnait dans la classe politique depuis les attentants de Paris, début janvier, a fait long feu. Après les annonces de Manuel Valls en matière de lutte contre le terrorisme, les critiques ont éclos à droite.

Le vernis craque déjà. L’unité nationale, fièrement affichée par l’exécutif et une grande partie des formations politiques françaises au lendemain des attentats qui ont fait 17 morts à Paris, début janvier, n’aura pas tenu longtemps. A peine les mesures de lutte contre le terrorisme officialisées par le Premier ministre Manuel Valls, mercredi matin, que les critiques fusent déjà. Pourtant, une semaine plus tôt, l’esprit du 11 janvier perdurait encore et le même Manuel Valls était encensé par une Assemblée nationale pleine comme un oeuf lors de la présentation des ses pistes d'action.

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Dans les rangs de l’UMP, l’heure est déjà à la contre-attaque. Si Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, a loué des mesures certes "utiles" il a surtout pointé les failles dans ces annonces "qui ne répondent pas à tous les défis de la menace terroriste et trop imprécises notamment en termes de délais" . Dans le même temps, le député de l'Yonne Guillaume Larrivé assurait sur Twitter que les propositions "anti-radicalisation" du Premier ministre étaient... des reprises de son travail, et soulignait que Christiane Taubira, la ministre de la Justice, les avaient rejetées il y a trois mois. 

Après l'unité, les critiques

"Il ne s’agit pas de donner un solde de tout compte" à Manuel Valls, prévient Jean-Christophe Lagarde, le nouveau président de l’UDI. "Sur le plan judiciaro-policier, les annonces sont à la hauteur, mais ça manque d’annonces sur le plan pénal”, explique-t-il. Et de déplorer auprès de metronews l'absence d’une "stratégie globale" comprenant, pêle-mêle, "la lutte contre le trafic d’armes, l’organisation du culte musulman en France" ou encore "la réappopriatinon de la laïcité".

Au FN, l’unité nationale n’a duré que quelques heures, rapidement chassée par la polémique sur l’absence d’invitation de Marine Le Pen à la marche républicaine, qui s’est ensuite drapée dans son ego et est allée défiler devant un petit millier de ses partisans à Beaucaire, une mairie remportée l’an dernier par le parti frontiste. Logiquement donc, dans un communiqué , elle attaque : "Les quelques moyens supplémentaires annoncés sur trois ans sont très en dessous des besoins réels de notre sécurité publique [... ] Manuel Valls passe totalement à côté du sujet en n’ayant pas un mot sur les problèmes de fond qui forment le terreau du fondamentalisme et le facilite : absence de frontières et espace Schengen, immigration massive et communautarisme, politique étrangère complice des financeurs de l’islamisme."

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S’il y en a un qui a quitté l’esprit de l’union nationale, et depuis quelques temps déjà, c’est bien Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat aurait confié en privé à des proches : "Son union nationale, à Hollande, ça commence à me courir !" rapporte le Canard enchaîné. Et pour cause : depuis les attentats, la cote de popularité de François Hollande a doublé là ou celle de Nicolas Sarkozy a stagné . Une longueur d’avance prise par son rival qu’il compte bien rattraper.

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