Macron au Salon de l'agriculture : ses sujets d'entente... et de discorde avec les agriculteurs

Macron au Salon de l'agriculture : ses sujets d'entente... et de discorde avec les agriculteurs

POPULARITÉ - Fin du glyphosate, budget de la PAC, agribashing, réforme des retraites.... Les sujets d'inquiétude sont nombreux pour les agriculteurs. Le président de la République a essayé de les rassurer ces derniers jours, mais cela sera-t-il suffisant pour une visite sans encombres au Salon de l'agriculture ce samedi ?

Le président de la République inaugurera samedi 22 février, porte de Versailles, l'édition 2020 du Salon de l'agriculture. Alors, pour se réserver le meilleur accueil, deux jours avant l'inauguration de la grand-messe du genre, Emmanuel Macron, qui n'a pas toujours été le bienvenu au parc des expositions, a multiplié les messages amicaux.

Toute l'info sur

Salon de l’agriculture : bienvenue à la ferme !

Lire aussi

 D'abord dans une interview à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale, où il a assuré de son soutien les agriculteurs victimes d'"agribashing", l'expression consacrée par les représentants de la profession pour dénoncer différentes actions, allant de la simple revendication aux actes de vandalisme, visant à dénoncer les pratiques de la profession.  "Nous sentons aujourd’hui une tension forte dans la société et il faut à la fois protéger les agriculteurs contre les stigmatisations dont ils sont l’objet et réussir la transformation du modèle agricole", a déclaré, pour leur défense, le chef de l'Etat. "Les tensions, on les sent sur l'élevage et le bien-être animal, sur l'agriculture et l'utilisation des pesticides. Je ne tolérerai aucune violence à l’encontre des agriculteurs", a-t-il assuré.

Un message reçu cinq sur cinq par la FNSEA, l'organisation ultra-majoritaire de défense des intérêts de la profession. Sur LCI, la présidente du syndicat Christine Lambert a apprécié : "C’est un vrai soutien car il a aussi dit qu’il y avait des bâtiments qui avaient été brûlés, des agriculteurs qui avaient subi le 40e cambriolage en l’espace de trois ans."

Lire aussi

Macron monte au front pour le maintien du budget de la PAC

Autre sujet sur lequel Emmanuel Macron devrait être soutenu : son combat pour le maintien du budget de la politique agricole commune (PAC). Jeudi 20 février à Bruxelles, il s'est battu "pour avoir une politique agricole commune au rendez-vous nos ambitions". Il l'a ensuite défendue face aux 26 autres dirigeants alors que la PAC et le montant global du budget étaient "fortement attaqués par les pays du nord", selon l'entourage du président.

En l'état, "le compte n'y est pas", soutient le chef de l'Etat. La proposition de compromis présentée par le président du Conseil européen, Charles Michel, alloue à la PAC, pour la période 2021-2017, un budget total amputé de plus de 50 milliards d'euros par rapport à la période précédente. "Je souhaite que les prochaines heures, que les prochains jours nous permettent d’améliorer la copie", a-t-il ajouté, en se déclarant ainsi "prêt" à faire durer le sommet si besoin. La baisse du budget de la PAC est proposée par la Commission pour compenser en partie le départ de l'UE du Royaume-Uni, qui était un contributeur net, et pour financer les politiques migratoires, de sécurité, ou de lutte contre le changement climatique.

Glyphosate et réforme des retraites : deux sujets plus sensibles

Allié symbolique et budgétaire, le président de la République pourrait avoir plus de fil à retordre sur d'autres sujets, à commencer par la question sensible du glyphosate. Le vote de son interdiction en 2021 inquiète une partie du monde agricole. De son côté, Emmanuel Macron reconnaît que cet objectif "ne sera pas tenable sur la totalité des exploitations", tout en assurant qu'à terme, toutes les exploitations devront s'en passer. Emmanuel Macron doit donc rassurer : "J’ai toujours indiqué que nous ne laisserions pas les agriculteurs sans solutions". 

Lire aussi

"Le gouvernement a ainsi saisi l’Anses et l’Inra pour identifier les alternatives viables et pour organiser une sortie du glyphosate sur des bases objectives", a rappelé le Président. Lequel a d'ailleurs annoncé une aide de 25 millions d'euros pour compenser une partie des pertes de récolte liées à la mise en place des "zones de non traitement" par les pesticides.

Les agriculteurs pourraient également s'inquiéter auprès du chef de l'Etat de la future réforme des retraites, dont ils ont souvent été présentés comme les grands gagnants. Beaucoup s'inquiètent, du fait de leur niveau de revenus, de ne pas pouvoir bénéficier de la retraite minimale de 1000 euros. Il faudrait pour cela qu'ils aient travaillé toute leur vie au Smic. Or, selon les données publiées par l'Insee fin 2019, 20% des agriculteurs français n'avaient pas pu se verser un revenu en 2017.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Loi "sécurité globale" : 133.000 manifestants en France selon l'intérieur, 500.000 selon les organisateurs

93 médicaments commercialisés en France seraient dangereux, selon la revue Prescrire

EN DIRECT - Covid-19 : 12.580 cas positifs supplémentaires en 24 heures en France

Voici l'attestation de déplacement dérogatoire nécessaire à partir de ce samedi 28 novembre

Nombre de convives, aération... quels conseils pour passer des bonnes fêtes de fin d'année ?

Lire et commenter