Macron aux Etats-Unis en visite d'État : quelle différence avec une visite officielle, une visite de travail ou privée ?

DIPLOMATIE - Emmanuel Macron se rend aux États-Unis du 23 au 25 avril dans le cadre d'une visite d'État. C'est le rang protocolaire le plus élevé dans la hiérarchie des visites, devant les visites officielles, de travail et privées. Mais que signifie cette hiérarchie ?

Dîner entre chefs d'États, visites de lieux historiques hautement symboliques, discours devant les représentants de la nation, et autres honneurs divers... Le programme de la visite d'État d'Emmanuel Macron aux États-Unis doit témoigner de l'amitié entre les deux pays. C'est précisément le but d'une visite d'État qui, par son protocole bien particulier, est le rang le plus élevé dans la hiérarchie des visites de représentants étrangers.


En dessous de la visite d'État, dans l'ordre protocolaire, on trouve la visite officielle, la visite de travail puis la visite privée. "Du degré de classification dépendent notamment le programme, l’organisation et les moyens mis en place par la France pour la visite ainsi que le type d’honneurs qui seront rendus au visiteur étranger", peut-on lire sur le site du ministère des Affaires étrangères. Côté français, il y a généralement 3 à 5 visites d'État chaque année, contre quelques dizaines de visites officielles, et quelques centaines de visites de travail ou de visites privées.

Première particularité quasi tautologique de la visite d'État : elle ne peut concerner qu'un chef de l'Etat (et non un ministre). Après une invitation officielle par le chef d'État du pays hôte, la préparation est millimétrée et prend plusieurs semaines. Dans le cadre des autres types de visites, des membres du gouvernement étranger ou des diplomates peuvent être reçus. 


Une visite d'État comporte plusieurs passages obligés, notamment une cérémonie d'accueil au cours de laquelle le chef d'État étranger passe en revue les troupes du pays hôte ou reçoit des honneurs militaires. En France, cette cérémonie a généralement lieu aux Invalides, ou parfois à l'Arc de Triomphe. Autre spécificité française : les Champs-Élysées sont ornés du drapeau du pays accueilli. Aux Etats-Unis , les abords de la Maison Blanche ont , eux aussi, été parés aux couleurs bleu-blanc-rouge.

Lors d'une visite d'État, le représentant étranger est aussi amené à rencontrer le président de l'Assemblée nationale et le Premier ministre, souvent lors d'un repas, et à prononcer un discours devant les élus de la nation. C'est également le cas aux Etats-Unis. Emmanuel Macron prononcera ainsi mercredi une allocution devant le Congrès américain, comme l'ont fait tous les présidents français de la Cinquième république avant lui, mis à part François Hollande. 

La symbolique du plan de table

Enfin, les soirées des visites d'État sont marquées de fastueux dîner auxquels sont conviés le gratin du pays hôte. Le choix des invités, d'un côté comme de l'autre, est souvent symbolique et analysé à la loupe, tout comme le plan de table. Les lieux visités par la délégation étrangère font aussi l'objet d'un soin particulier, en fonction du message que chaque chef d'État cherche à délivrer.


La teneur symbolique d'une visite officielle est donc moindre, et a fortiori celle d'une visite de travail ou d'une visite privée. Par exemple, la visite officielle de Donald Trump en France - qui n'était pas une visite d'Etat - à l'occasion du 14 juillet 2017, n'avait pas été marqué par un discours du président américain devant le parlement français. Lors de la visite officielle du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le drapeau saoudien n'a pas orné les Champs Élysées. Idem lors de la visite officielle de Jacinda Ardern, Première ministre de Nouvelle-Zélande, qui a été très peu médiatisée. Tout comme la visite privée en France du président sénégalais Macky Sall, même si celui-ci s'est entretenu avec Emmanuel Macron, sans aucune cérémonie.

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