Macron fustige "les pyromanes indignés" du 1er-Mai : "Manu, ta manœuvre elle est grossière !", répond Corbière sur LCI

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1er MAI - En déplacement en Australie, le président de la République a réagi aux violences qui ont émaillé la manifestation parisienne du 1er mai en fustigeant les "tenants du désordre" et les "élus qui tiennent constamment un discours d'agitation". Des propos dénoncé par Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin ou encore Alexis Corbière.

Il était à 17 000 kilomètres de Paris. Mais Emmanuel Macron n’a pas manqué de réagir à l’opposition qui dénonçait son déplacement à l’autre bout du monde au moment où des incidents émaillaient la manifestation parisienne du 1er mai. "Je n'ai aucune indulgence pour la grande violence ou les tenants du désordre", a déclaré le président de la République en déplacement à Sydney, pointant du doigt les "pyromanes indignés". 


"Les élus qui tiennent constamment un discours d'agitation, c'est leur faute. Bien sûr qu'on ne va pas annuler un déplacement pour ça... le Président n'est pas préfet de police", a justifié le chef de l’Etat. "Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui veulent rejouer la partie démocratique, ils n'ont jamais accepté la défaite", "ils aiment la démocratie quand ils gagnent", a-t-il ajouté sans citer Jean-Luc Mélenchon alors qu’on lui demandait de préciser le nom de ces agitateurs. "Ceux qui proposent des manifestations, ou des fêtes", a-t-il simplement répondu. 

Macron "n'accepte pas la démocratie"

Une allusion à peine voilée à la prochaine manifestation prévue samedi à Paris intitulée "la fête à Macron", initiée par François Ruffin, député de La France insoumise, et d'autres anciens participants au mouvement "Nuit debout". "Les dispositions sont prises pour samedi", a commenté le chef de l'Etat qui a jugé qu'il "y a un droit de manifester", mais que les violences avaient été générées par "des professionnels" en regrettant la "banalisation d'un discours de haine qu'on a collectivement accepté". Et le président de tacler cette fois directement Jean-Luc Mélenchon qui avait dénoncé mardi sur Twitter "d'"insupportables violences" au cours de la manifestation, qui étaient l'oeuvre, "sans doute", selon lui, "des bandes d'extrême droite". "Mélenchon dit que ce sont des casseurs d’extrême droite : faux. Il ne faut pas travestir la réalité. C’est l’extrême gauche" , a-t-il répondu. 


"Les attaques de Macron en Australie contre moi sont indignes et mensongères. Un président ne devrait pas parler comme ça", a réagi jeudi sur Twitter Jean-Luc Mélenchon suivi de près par François Ruffin. "Je ne remets pas en cause l'élection de M. Macron. C'est lui qui n'accepte pas la démocratie", a réagi le second auprès de l’AFP. "La démocratie, ça ne veut pas dire que pendant cinq ans, on se tait. Les gens ont le droit de contester, y compris quand le président prend des décisions qui n'étaient pas dans son programme, comme la suppression des contrats aidés ou de l'exit tax", a-t-il développé.

"Les blacks blocs, ce n'est pas la France Insoumise"

"La fête à Macron, le 5 mai, on la veut festive, revendicative et absolument non-violente, a poursuivi François Ruffin. On met tout en oeuvre pour son bon déroulement. On fait ce que la préfecture nous demande de faire, nous retrouver place de l'Opéra et non au Louvre, passer par la place de la République. On met en place deux services d'ordre".  Et de tacler au passage le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre : "Je préférerais qu'(ils) mettent toute leur énergie à assurer la sécurité du cortège plutôt que de créer la polémique". En allusion au 5 mai, Edouard Philippe avait appelé mercredi "chacun à bien mesurer ses propos" en particulier "tous ceux qui détiennent une responsabilité par leur mandat, leur fonction".



Sur LCI, Alexis Corbière a dénoncé les propos du président estimant qu'il créait "le sentiment que manifester contre lui n’est plus légitime parce qu’il met un signe égal entre manifester contre sa politique et les casseurs". "Ça fait un siècle dans ce pays qu’on manifeste le 1er mai. Normalement, ça se passe bien mais depuis quelques années, il y a des casseurs que nous désapprouvons, a développé le député La France Insoumise en Seine-Saint-Denis. Il y a un phénomène qu’on appelle les  blacks bloc, cette ultra gauche violente qui n’est pas la même chose que nous, que la France insoumise, que Jean-Luc Mélenchon". 


"Comment est-il possible alors qu’on sait depuis une semaine qu’il va y avoir ces militants, pourquoi plus de 1000 personnes peuvent pendant un temps assez long faire de la casse devant les caméras ?", s'interroge le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Macron nous traite de pompiers pyromanes mais moi je m’interroge sur les pompiers incompétents. Je ne parle pas des policiers mais je parle des  consignes politiques qui consistent à dire : pour affaiblir le mouvement social, le ridiculiser, on va le comparer aux casseurs. Je ne suis pas un casseur et je dis aux casseurs 'vous êtes des abrutis, des imbéciles et votre combat n’est pas le nôtre'. (…) "Manu, ta manœuvre elle est grossière", poursuit il. "Je désapprouve les casseurs mais je désapprouve ceux qui veulent instrumentaliser ça comme le fait le président". 

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