Macron interpellé par un Gilet jaune : "C'est bien de se confronter à la vraie vie", juge Martinez

Macron interpellé par un Gilet jaune : "C'est bien de se confronter à la vraie vie", juge Martinez
Politique

INTERVIEW - Invité de Julien Arnaud, mercredi 15 juillet, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez revient sur l’altercation entre Emmanuel Macron et les Gilets Jaunes, mardi soir, au jardin des Tuileries. Il évoque aussi sur les dernières déclarations du président de la République.

"C’est bien de se confronter à la vraie vie, sortir de son château et aller discuter avec des salariés, des citoyens qui posent des questions", a déclaré Philippe Martinez à propos de l'échange entre Emmanuel Macron et des Gilets jaunes, mardi 14 juillet en début de soirée, alors qu'il se promenait dans le jardin des Tuileries. Pour le secrétaire général de la CGT, le président de la République oublie parfois "qu’il y a des citoyens qui n’ont pas le même train de vie que lui et qui souffrent parce qu’ils ont des problèmes de pouvoir d’achat ou de santé."

Interrogé sur cette séquence, au bout de laquelle le président de la République est parvenu à calmer les ardeurs de ceux qui l'avaient hélé, Philippe Martinez ne s'est pas avoué très impressionné : c'est le "roi de la communication", "les paroles, c’est bien, mais les actes, c’est beaucoup mieux, c’est à ça qu’on juge un président de la République. Pour l’instant, le moins qu’on puisse dire, c'est que des paroles, il y en a beaucoup, mais des actes il y en peu".

Lire aussi

"La priorité, c’est l’emploi et les salaires"

Question actes, les attentes de Philippe Martinez sont bien là. "Il faut augmenter les salaires, le gouvernement devrait rapidement augmenter le SMIC" demande le cégétiste. Emmanuel Macron annonçait pendant le confinement vouloir mettre en avant les travailleurs en première ligne face au virus, comme les "agents de sécurité, des éboueurs etc... [...] Ce sont eux les mal payés". Concernant les annonces sur l'emploi des jeunes, Philippe Martinez n'est pas très convaincu non plus : "C'est bien de donner 8000 euros [aux entreprises] pour l’apprentissage. On peut mettre des jeunes en insertion, mais à la fin de tout ça, c’est un CDI ou pas ? Je n’ai pas entendu la réponse"

"Nous voulons des actes"

Philippe Martinez n'est pas davantage convaincu par le Ségur de la santé qu'il juge "pas à la hauteur. 182 euros c'est un peu plus de la moitié de ce que demdandent les soignants. Ce n'est pas assez (...) En matière d'emploi, on est loin du compte, ça fait, je crois, huit embauches par hôpital". Il reste donc sur ses gardes et jugera le "Premier ministre à ses premières mesures". Il préfère attendre le discours sur la politique générale que Jean Castex va présenter l'après-midi du 15 juillet devant l’Assemblée nationale."Nous voulons des actes", prévient Philippe Martinez,  qui attend de la part du Premier ministre qu’il "annonce quelque chose de concret".

La réformes des retraites

Toute l'info sur

L'interview Politique

Enfin, le secrétaire général de la CGT n'a pas compris le choix du président de vouloir faire travailler les Français plus longtemps, et en même temps, tout faire pour que les jeunes trouvent eux-aussi du travail : "Comment on peut dire à la jeunesse, 'vous allez travailler plus longtemps' , si on garde plus longtemps au travail ceux qui en ont déjà ? C’est impossible." Pour Philippe Martinez, le système des retraites est à "améliorer mais pas en le cassant". Il faut plutôt trouver de nouveaux financements. Et de pointer les annonces d'Emmanuel Macron en matière d'emplois des jeunes, qui vise à créer un dispositif "zéro charges" pour les emplois rémunérés juqu'à 1,6 Smic : "Plus on fait d’exonérations de cotisations patronales, moins il y a de sous qui rentrent, c’est ça le problème". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent