"Macron le Dynamiteur" : Valls règle ses comptes avec Hollande en dénonçant sa "faute majeure"

RETRO - Dans l'enquête "Macron le dynamiteur" de David Doukhan, diffusée jeudi soir sur LCI, l'ancien Premier ministre Manuel Valls estime que François Hollande a précipité la candidature d'Emmanuel Macron en ne voyant pas venir la menace. Avec un jugement très dur à l'égard de l'ancien président, que partage d'ailleurs un proche de ce dernier, Julien Dray.

Le berger a-t-il fait entrer le loup dans la bergerie ? Probablement, si l'on s'en tient aux témoignages sur l'ascension d'Emmanuel Macron apportés dans "Macron le dynamiteur" (Particules Productions), l'enquête de David Doukhan diffusée jeudi soir sur LCI. Des témoignages qui corroborent d'ailleurs l'analyse de François Hollande lui-même, dans son livre Les leçons du pouvoir (Stock) paru mercredi.  


Parmi les témoins, le plus sévère à l'égard de l'ancien président est probablement Manuel Valls. Dans une séquence, l'ancien chef du gouvernement accuse François Hollande d'avoir laissé au jeune ministre, début 2016, toute latitude pour prendre son envol en vue de la présidentielle. 

"Faute majeure"

Manuel Valls raconte avoir acquis la certitude, au début de l'année 2016, qu'Emmanuel Macron aspirait probablement à d'autres ambitions que de se mettre au service d'une nouvelle candidature de François Hollande. "J'ai expliqué au président de la République qu'Emmanuel Macron avait sans doute la volonté d'être candidat à la présidentielle", assure l'ex-Premier ministre. "Vous a-t-il entendu ?" demande l'auteur de l'enquête. "Non", répond Manuel Valls. Qui ajoute : "François Hollande a fait une faute politique majeure". 


Alors qu'Emmanuel Macron travaille en secret à un projet et s'apprête à lancer son mouvement En Marche, François Hollande n'a pas réagi, croyant aux assurances de son ministre, qui lui a juré n'avoir aucune ambition personnelle pour 2017. "Pourquoi il ne fait rien ?" s'interroge le socialiste Julien Dray, l'un des plus proches confidents de François Hollande. "Parce qu'il sous-estime les capacités d'Emmanuel Macron et qu'il reste enfermé, il faut le dire, dans un schéma traditionnel : pour lui, un homme sans parti dans une présidentielle, ça ne peut pas marcher." Aussi, François Hollande se sent alors davantage menacé par la concurrence de Manuel Valls que par celle du jeune ministre. 

"On n'a pas été entendus"

Le même Julien Dray, aussi proche fut-il de François Hollande, partage d'ailleurs le point de vue de Manuel Valls. Sur LCI, mercredi, le "visiteur du soir" de l'ancien chef de l'Etat a estimé lui aussi que François Hollande avait commis une "faute politique". 

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Julien Dray : avec Macron, "François Hollande a commis une faute politique"

Mais pour Julien Dray, la "faute" de François Hollande a consisté à choisir de garder Manuel Valls à Matignon lors du remaniement de février 2016, au lieu d'y nommer Emmanuel Macron, comme il le lui suggérait. Pour Dray, ce choix a précipité les ambitions du jeune ministre, frustré dans ses ambitions et qui "ne voulait pas soutenir Manuel Valls à la présidentielle" en cas d'abandon de Hollande. "Il n'y a pas eu de trahison", juge Julien Dray, c'est la faute de François Hollande" qui "n'a pas vu le processus". "Dans cette période, il y a beaucoup de gens qui ont tiré la sonnette d'alarme, on n'a pas été entendus", conclut Julien Dray. 

A qui la faute ?

Si Manuel Valls se montre sévère à l'égard de François Hollande, il doit pourtant bien reconnaître, dans l'enquête de David Doukhan, que c'est lui qui, dès 2014, a pesé de tout son poids auprès du chef de l'Etat, pour faire entre le jeune secrétaire général adjoint de l'Elysée dans son gouvernement. Alors que François Hollande se montrait hésitant...


"Il avait des qualités personnelles et humaines", justifie aujourd'hui l'ancien Premier ministre. "J'étais convaincu qu'il serait une révélation." Et d'ajouter : "Sans doute pensais-je qu'il serait un atout pour moi"... On connaît la suite : pensant maîtriser leur poulain, ni Manuel Valls ni François Hollande, affaiblis politiquement, n'ont été en mesure d'arrêter le mouvement qu'ils avaient contribué à enclencher. 

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